Vers des mesures océaniques partagées : mesurer les résultats positifs pour la nature pour l’océan

 

Un océan prospère est fondamental pour la stabilité de la planète et notre avenir. C’est aussi existentiel que cela. Pourtant, nous continuons à détruire la vie marine et les écosystèmes qui la soutiennent par la pollution, la surpêche, la destruction de l’habitat et les deux facteurs liés au climat que sont l’acidification des océans et le réchauffement de la planète.

Un autre monde est possible, un monde où non seulement nous arrêtons cette tendance, mais où nous l’inversons et investissons dans la régénération, l’utilisation durable et la protection des océans. Un monde positif pour la nature. Cela nécessite une transformation profonde de la façon dont nous voyons et valorisons l’océan, ainsi que de la façon dont nous vivons nos vies et gérons notre économie.

Nous savons ce qu’il faut faire : protéger davantage, restaurer autant que possible et passer de pratiques négatives pour les océans à des pratiques positives pour les océans. L’élan s’intensifie, mais une question importante reste sans réponse qui sape les progrès : comment évaluer si la vie marine se rétablit réellement ? Comment évaluons-nous si nous faisons avancer la santé des océans ? Il existe de nombreuses façons de mesurer cela, bien que jusqu’à présent, il n’y ait pas eu de consensus sur une approche universelle de mesure de la régénération des océans afin de susciter des actions à grande échelle et d’accroître la responsabilisation des gouvernements, de la société et des entreprises.

Reconnaissant cette lacune critique, la Nature Positive Initiativel’Ocean Risk and Resilience Action Alliance (ORRAA) et le Forum économique mondial ont uni leurs forces pour parvenir à un consensus sur un cadre de mesures aligné à l’échelle mondiale qui peut guider les acteurs de l’océan – y compris les décideurs, les entreprises, les institutions financières et les communautés – vers des progrès mesurables, crédibles et fondés sur la science.

Au cours de la prochaine année, le partenariat travaillera à l’élaboration d’une feuille de route collaborative pour établir un consensus sur les mesures de l’état de la nature marine.

Construire des indicateurs alignés à partir de la base

Il est essentiel de jeter les bases d’un processus inclusif pour le succès de cet exercice de recherche de consensus. En juin 2025, les partenaires ont lancé ce projet en marge de la troisième Conférence des Nations Unies sur les océans à Nice, en France. Une séance publique et une table ronde d’experts ont réuni un groupe diversifié d’intervenants afin d’explorer le paysage de la métrique océanique et d’affiner la portée du projet. Nous avons ensuite entrepris une évaluation du paysage afin de bien comprendre les paramètres et les cadres existants, et de cerner les lacunes et les domaines nécessitant une meilleure harmonisation.

L’évaluation du paysage et les premières séances de mobilisation des intervenants ont permis de valider la principale lacune : établir un consensus sur les mesures de l’état de la nature marine.

En plus de l’évaluation du paysage, nous sommes également en mesure de tirer parti de l’expérience acquise en nous alignant autour d’un ensemble de mesures de l’état de la nature terrestre, actuellement en phase de pilotage. L’objectif est d’équilibrer la rigueur scientifique avec l’application dans le monde réel dans tous les secteurs, et le résultat aidera également à orienter le développement de mesures pour l’océan.

Élaborer en collaboration des mesures qui génèrent des résultats positifs pour l’océan.

Un groupe de travail technique spécialisé collaborera avec des spécialistes du milieu universitaire, des affaires, de la finance, de la conservation, de l’établissement de normes et du savoir autochtone par le biais de webinaires, d’ateliers et de contributions écrites afin de produire une ébauche de cadre de mesures marines d’ici novembre 2025.

Le projet de cadre de mesures marines fera l’objet d’une phase de consultation publique plus large afin d’encourager une large contribution et d’offrir aux parties prenantes mondiales une occasion vitale de contribuer à l’élaboration d’un outil pratique et crédible pour une action océanique positive pour la nature. Les commentaires de la phase de consultation publique seront analysés et intégrés dans une version améliorée du cadre au cours du premier trimestre de 2026. Comme pour les mesures terrestres, cette phase est cruciale pour obtenir le soutien de la communauté océanique au sens large.

À partir de là, les mesures seront disponibles pour la mise à l’essai. Le groupe concevra une phase de test pilote avec des partenaires et des entreprises afin d’intégrer et d’adapter le cadre à des scénarios réels, en veillant à ce que les mesures soient adaptées à l’objectif. Cela comprendra l’élaboration et la mise à l’essai de directives techniques, ainsi que la mise à l’essai des mesures et l’affinage si nécessaire.

En temps voulu, les mesures de l’état de la nature marine seront disponibles pour être intégrées dans diverses normes, cadres et directives, tels que des cadres de divulgation et d’établissement d’objectifs.

L’ambition est que ce cadre devienne un outil mondialement reconnu qui éclaire les politiques, les investissements, la conservation et l’action des entreprises pour un océan plus sain. La mesure de la santé des océans à l’aide d’un cadre harmonisé permettra de mieux comprendre notre impact sur la biodiversité océanique. Il aidera tout le monde à travailler ensemble, dans tous les secteurs et toutes les régions, pour protéger l’océan et restaurer sa résilience, ainsi que la bouée de sauvetage vitale pour la survie et la prospérité qu’il offre aux populations d’aujourd’hui et des générations futures.

Source : Nature positive