Un oiseau retrouvé avec près de 900 morceaux de plastique dans l’estomac, un record inquiétant

Le record d’ingestion de plastique chez ces oiseaux marins est chaque année battu depuis 2023. Sur une île australienne, des chercheurs ont retrouvé un puffin à pieds pâles avec 894 morceaux de plastique, soit plus de 15 % de son poids corporel, dans son estomac.

Depuis quinze ans, des chercheurs de l’Adrift Lab examinent le taux de plastique qu’ingère la faune sauvage de l’île Lord Howe (Australie), notamment les puffins à pieds pâles (Ardenna carneipes) en leur lavant régulièrement l’estomac. C’est la plus ancienne étude sur l’ingestion de ces déchets menée au monde. Au fil du temps, les résultats sont de plus en plus inquiétants. Entre 2023 et 2026, le record a été battu chaque année, jusqu’à atteindre 894 morceaux de plastique découverts dans un seul oiseau marin.

Le premier record avait été établi en 2011, avec 276 morceaux pesant 64,1 grammes enlevés du corps d’un petit individu de cette espèce au plumage gris sombre. « Nous pensions alors qu’il s’agissait du pire scénario possible, car un oisillon de cette taille ne pouvait survivre en ingérant davantage de plastique. Nous avions tort », alerte Alex Bond, conservateur et co-auteur de l’étude parue jeudi 10 septembre dans la revue Earth’s Future.

L’équivalent d’un homme de 80 kilos rempli de 12 kilos de plastique

Il a fallu attendre plus de dix ans pour qu’il soit dépassé par un autre en 2023, qui avait consommé plus de 400 fragments. Le détenteur en 2026 du triste titre avait le ventre plein de 894 bouts de plastique ou 64,2 grammes. Une masse qui représente plus de 15 % du poids attendu d’un jeune puffin, soit l’équivalent d’un être humain de 80 kilogrammes lesté de 12 kilogrammes de polymères.

« Entre 2023 et 2026, le record de la plus grande quantité de plastique ingérée par ces oiseaux a été battu année après année. La crise du plastique ne fait qu’empirer, mais nous sommes loin d’agir assez vite pour tenter d’y remédier », explique avec amertume Alex Bond.

Un régime mortel involontaire et des mesures à prendre

Les oiseaux ne mangent pas directement tous ces déchets. Ce sont leurs parents qui les confondent avec de la nourriture lorsqu’ils partent à la recherche de proies en pleine mer et les voient flotter. Ils retournent ensuite sur la terre ferme pour les rapporter à leurs petits, impatients de déguster leur repas dans ce cas toxique. La forte augmentation de l’ingestion de ces polluants par ces populations reflète, surtout, la quantité croissante de déchets qui se retrouvent dans les océans du globe.

Elle montre aussi l’importance des études menées sur le long terme, pour ne pas passer à côté des changements et développer une base de données. L’équipe souligne notamment dans son rapport une augmentation de la proportion de granulés de résine plastique, appelés « nurdles« , et de bouchons de bouteilles parmi les ordures retrouvées chez les animaux. Selon elle, des mesures législatives visant à améliorer le recyclage de ces objets, comme l’obligation d’attacher les bouchons aux bouteilles, seront cruciales pour endiguer la pollution plastique, alors que se poursuivent les négociations en vue d’un traité mondial sur ce fléau.

Source : GEO