Trois nouvelles zones marines protégées en Bretagne, en Guadeloupe et dans les Terres australes

La ministre française de la Transition écologique Monique Barbut a annoncé, à l’occasion de la journée internationale de l’océan et l’ouverture à Paris du Neptune forum, la création d’aire de « protection forte » dans la baie d’Audierne, en Bretagne, et aires marines en Guadeloupe et dans les Terres australes et antarctiques françaises. Le président de la Polynésie française a aussi annoncé le renforcement de la protection dans 500 000 km2 de la plus grande aire marine protégée du monde.

La ministre française de la Biodiversité Monique Barbut a annoncé, lundi 8 juin, en ouverture du Neptune forum, qui se veut le Davos de l’exploration de l’océan, la création de nouvelles aires marines protégées (AMP) dans la baie d’Audierne, en Bretagne, en Guadeloupe et dans les Terres australes et antarctiques françaises (Taaf).

Ces trois aires de protection forte, annoncées par la ministre en présence de la ministre de la Mer, Catherine Chabaud, porteront à 14,68 % la part des eaux maritimes françaises placées sous ce statut interdisant ou limitant strictement les pressions anthropiques – pour un objectif de 14,8 % de couverture d’ici la fin de l’année, rappelle l’AFP.

Dans le détail, un « sanctuaire » de 0,9 million de km2 est prévu dans les Taaf, dans une zone où les fonds sont à plus de 2 500 mètres ; une zone de 8,42 km2 de la réserve de Petite-Terre sera interdite à la pêche de loisir en Guadeloupe ; et une zone côtière de 0,09 km2, dans la baie d’Audierne en Bretagne, sera proscrite aux « chiens et aux voitures », indique la ministre de la Mer, « durant la période de nidification » du gravelot à collier interrompu, oiseau protégé.

Le Neptune forum est organisée un an après la conférence des Nations unies sur les océans à Nice, qui avait donné un coup d’accélérateur à la ratification du traité sur la haute mer (BBNJ), finalement entré en vigueur le 17 janvier 2026, et qui permet la tenue de la première Cop de l’océan prévue le 11 janvier 2027, au siège des Nations unies à New York.

 

Renforcement de la protection en Polynésie

 

Dans le même temps, la Polynésie française, qui abrite la plus grande aire marine protégée du monde, Tainui Atea, va porter à 1,6 million de km2 ses zones marines bénéficiant du plus haut niveau de protection, a annoncé à l’AFP son président, Moetai Brotherson. C’est notre mission en tant qu’Océanien. Et on espère aussi que ça puisse inspirer d’autres pays, notamment les plus grands, dans leur manière de gérer leur relation à l’océan, a déclaré Moetai Brotherson.

Depuis 2025, l’ensemble de la zone économique exclusive (ZEE) polynésienne, environ 4,8 millions de km2, est classé en AMP. Parmi elle, 1,1 million de km2 bénéficiaient jusqu’ici du plus haut niveau de protection (catégories 1 et 2), porté aujourd’hui à 1,6 million de km2Nous allons ajouter deux nouvelles AMP, l’une au nord-est des Marquises et la deuxième au sud des Australes, qui va venir augmenter au total d’un demi-million de km2 les AMP de classes 1 et 2, a expliqué le président à l’AFP.

La pêche commerciale est interdite dans ces zones de protection stricte, ce qui a suscité l’inquiétude des armateurs et pêcheurs polynésiens. Pour l’AFP, Moetai Brotherson veut les rassurer en rappelant que les volumes de pêche en Polynésie ont augmenté depuis l’instauration des premières AMP, tout en restant raisonnables et durables.

 

Le contrôle, bémol relevé par Starfish

 

Le président polynésien a par ailleurs regretté le manque de financement de l’État français. Depuis l’Unoc, les seuls qui mettent de l’argent dans le contrôle des AMP, c’est soit la Polynésie elle-même, soit les ONG, qui ont réuni 15 millions de dollars, a-t-il dit.

Il a jugé pas suffisante la surveillance de cette zone, que la France protège avec un patrouilleur multimissions, et bientôt un deuxième. On demande à l’État, au moins, de participer à la réflexion et de définir avec nous les moyens supplémentaires qu’il faut mettre en œuvre, a-t-il déclaré.

La surveillance de ces zones est en effet l’une des conditions sine qua non à l’efficacité de ces mesures. La deuxième édition du bulletin mondial sur la santé de l’océan, le baromètre Starfish, estime que 67 % des navires de pêche industrielle opérant dans les aires marines protégées échappent à tout suivi, abaissant à 3,2 % la part de l’océan aujourd’hui considéré comme hautement ou pleinement protégé, à l’échelle mondiale. Il soulève par ailleurs que le déclin des systèmes d’observation, lié à une baisse d’investissement dans la recherche notable depuis le Covid, et des décisions politiques en défaveur des sciences, affaiblit la surveillance mondiale et la coopération internationale.

 

Annonces sur le plastique

 

Dans la journée est aussi attendu un plan d’action pour la lutte contre les déchets plastiques pour les années 2026 à 2030. Chaque année, près de 12 millions de tonnes de plastique rejoignent nos océans. La lutte contre les déchets plastiques en mer était ainsi une des priorités de l’Unoc-3 et est un enjeu majeur pour la santé des écosystèmes marins, depuis l’intérieur des terres, jusqu’aux littoraux, rappelle le ministère de la Transition écologique.

Source : Le Marin