Renforcer les systèmes alimentaires du Pacifique

 

Le Pacifique occupe une place unique dans le système alimentaire mondial. Entre 50 et 70 % des habitants de la région dépendent de l’agriculture et de la pêche pour subvenir à leurs besoins. La moitié des prises mondiales de thon proviennent des pêcheries de la région, gérées de manière durable. Le Pacifique recèle aussi une riche biodiversité agricole, et les pays de la région mettent en place des chaînes de valeur uniques qui alimentent les marchés et l’offre internationale, notamment en produits à haute valeur marchande. La gestion durable de ces systèmes alimentaires contribue largement au bon fonctionnement de la chaîne mondiale d’approvisionnement alimentaire.

Devant faire face à des défis uniques, les pays du Pacifique peinent néanmoins à récolter la part qui leur revient dans les bénéfices du système alimentaire mondial, ce qui a des conséquences pour la santé et les moyens d’existence des populations ainsi que pour le développement économique de la région. Le Pacifique est aux prises avec le triple fardeau de la malnutrition, et les maladies non transmissibles (MNT) et facteurs de risque associés constituent les principales causes de décès prématuré dans la plupart des États et Territoires insulaires océaniens. Le changement climatique pose une menace fondamentale aux systèmes alimentaires du Pacifique. Il faut agir d’urgence à l’échelle mondiale et locale pour gérer les effets du changement climatique et les risques qui menacent notamment les plus vulnérables, afin de ne laisser personne de côté.

La CPS œuvre en faveur de la sécurité alimentaire et de la santé des systèmes alimentaires des États et Territoires insulaires océaniens au travers d’activités techniques, scientifiques et de développement.

Production alimentaire du Pacifique : les défis liés au changement climatique

Le changement climatique pose des défis majeurs en matière de production alimentaire dans le Pacifique. La terre et la mer en subissent les effets, notamment les cultures de base, la pêche et l’aquaculture, essentielles pour la région. Voici quelques éléments importants à prendre en compte :

  • Pêche et aquaculture : le changement climatique engendre une élévation de la température des océans et une modification des courants et, partant, une redistribution des stocks de poissons de mer, ce qui peut entraîner des répercussions sur le secteur de la pêche. Le réchauffement des eaux provoque un stress chez les espèces aquatiques, comme les huîtres, ce qui nuit à leur croissance et à leur santé. Un tel phénomène exerce en outre un impact direct sur l’aquaculture, en raison de ses effets délétères sur les espèces sensibles aux changements de température.
  • Cultures de base : le changement climatique peut engendrer des phénomènes météorologiques extrêmes, susceptibles de nuire particulièrement aux cultures de base telles que la banane, la patate douce, l’igname, le manioc, le cocotier, le taro géant et le taro d’eau. Ces cultures sont vulnérables aux fortes pluies, qui peuvent donner lieu à un engorgement des sols, en particulier dans les zones déjà soumises à un taux de précipitations élevé.
  • Élevage : en raison de l’élévation des températures, il peut s’avérer difficile pour les aviculteurs de maintenir des conditions de vie optimales pour leurs volailles, ce qui peut entraîner des répercussions sur l’ensemble du secteur avicole de la région.

Pour résumer, le changement climatique exerce une pression supplémentaire sur les systèmes alimentaires du Pacifique en raison de ses effets délétères sur les cultures de base, l’élevage et la pêche. Il est important de trouver des moyens de s’adapter à ces changements et de garantir la sécurité alimentaire de la région.

La Nouvelle-Calédonie, la Polynésie française et Wallis et Futuna engagés en faveur de systèmes alimentaires durables et résilients

Le projet PROTEGE accompagne les autorités de la Nouvelle-Calédonie, de la Polynésie française et de Wallis et Futuna dans l’élaboration de plans stratégiques et opérationnels visant à renforcer la durabilité et la résilience de leurs systèmes alimentaires de sorte que ceux-ci valorisent – tout en les préservant – les ressources naturelles des territoires.

En Polynésie française, la consommation alimentaire est également limitée par le coût, 53 % des Polynésiens n’ayant pas les moyens d’avoir une alimentation saine, un chiffre qui tombe à 24 % si l’on tient compte de l’autoconsommation (Source : Présidence de la Polynésie française, 2023). En conséquence, des actions sur la valorisation de la biomasse pour améliorer la fertilité des sols et produire des aliments pour animaux locaux (larves de mouches BSF) ont été menées en Polynésie française avec l’appui du projet PROTEGE, ouvrant des perspectives pour réduire la dépendance aux intrants extérieurs des productions végétales et animales.
Pour plus amples informations, consultez cette vidéo.

À Wallis et Futuna, bien manger est devenu une priorité sanitaire et un apprentissage dès le plus jeune âge. Au lycée agricole de Vaimoana, les élèves sèment et récoltent des légumes et des herbes aromatiques pour apprendre à choisir le régime alimentaire convenant le mieux à leur patrimoine génétique polynésien.

 

Transmettre les traditions agricoles pour protéger les systèmes alimentaires aux Tonga

 

Le Pacifique est une vaste région composée de petits pays extrêmement diversifiés. La première étape consiste à les rassembler pour qu’ils collaborent à la résolution des difficultés liées aux systèmes alimentaires de la région. La CPS et ses partenaires ont organisé, à l’échelle de la région, une série de concertations qui s’appuient à la fois sur la tradition et sur l’innovation pour faire émerger des solutions novatrices en faveur de systèmes alimentaires plus résilients.

Aux Tonga, une organisation locale met en place des projets d’agriculture biologique pour permettre aux jeunes d’apprendre auprès des anciens comment générer des revenus tout en protégeant les systèmes alimentaires du pays. Visionnez ci-dessous (ou cliquez ici).

 

Systèmes alimentaires du Pacifique

 

La région continue de faire face à une « convergence de crises » – efforts de relèvement post-pandémie de COVID-19, changement climatique et catastrophes naturelles, maladies non transmissibles (MNT) et coût élevé des denrées alimentaires. La CPS rassemble différents secteurs et diverses parties prenantes afin de stimuler l’action par des méthodes de travail interdisciplinaires. Pour relever les défis relatifs à la sécurité alimentaire et nutritionnelle, il convient de mettre en place une solide collaboration au sein de la CPS et des pays membres, de façon à concevoir et adopter de nouvelles stratégies en matière de systèmes alimentaires, qui permettent de nourrir une région océanienne en pleine expansion.

Selon Alisi Tuqa, Responsable du Programme sur les systèmes alimentaires à la CPS, « les stratégies relatives aux systèmes alimentaires doivent être liées aux plans nationaux existants, qui portent sur différents éléments du système, et s’en inspirer directement. La CPS adopte notamment cette démarche dans le cadre des activités d’appui menées au sein de ses pays membres au titre des programmes relatifs à la santé, aux statistiques, à la pêche, à l’aquaculture et à la foresterie, ainsi que dans le cadre du Centre d’étude des cultures et des arbres du Pacifique (CePaCT), le but étant de garantir la santé et la résilience du Pacifique. »

Source : reliefweb