Lutte contre la pêche illicite et non réglementée : le mode d’emploi de la Commission sous-régionale des pêches
20 février 2026
20 février 2026
Dakar, 19 fév (APS) – Vingt pour cent des activités mondiales de pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN) sont menées dans les sept pays ouest-africains de la Commission sous-régionale des pêches (CSRP), une organisation, selon son secrétaire permanent, Khallahi Brahim, recourt aux instruments juridiques, au renforcement des capacités des États et aux opérations conjointes de surveillance des zones de pêche, afin de l’éradiquer.
‘’Notre sous-région attire des navires qui pratiquent la pêche INN. Il existe des statistiques selon lesquelles 20 % des activités de pêche INN sont menées dans notre sous-région’’, a signalé M. Brahim dans une interview donnée à l’APS.
La Commission sous-régionale des pêches a été créée en 1985 par le Cap-Vert, la Gambie, la Guinée, la Guinée-Bissau, la Mauritanie, le Sénégal et la Sierra Leone, en vue d’une ‘’harmonisation’’ de leurs politiques de pêche.
‘’La Commission sous-régionale des pêches s’est rendu très tôt compte de l’ampleur de cette pratique, la pêche INN. Elle en a fait son cheval de bataille et cherche à y remédier’’, a assuré M. Brahim.
D’après lui, la lutte contre la pêche INN est menée dans les pays de la CSRP suivant trois axes.
Le premier axe consiste à élaborer et à mettre en œuvre des instruments juridiques, dont la Convention sur le droit de poursuite et la Convention sur le suivi, le contrôle et la surveillance des zones de pêche, a-t-il dit.
Le renforcement des capacités des États membres de la CSRP à lutter contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée est le deuxième axe. ‘’Nous travaillons au renforcement des capacités de nos États en matière de formation et de fourniture d’équipements’’, a expliqué Khallahi Brahim.
Selon lui, le dernier axe consiste à dérouler des opérations conjointes de surveillance des zones de pêche. ‘’Il s’agit d’emprunter des équipements navals des pays membres de la CSRP, en compagnie des inspecteurs des pêches, pour faire un travail de contrôle et de surveillance […] C’est quelque chose d’extrêmement important’’, a ajouté M. Brahim.
La Commission sous-régionale des pêches s’est fait connaître davantage en Afrique et au-delà du continent, grâce à ces activités de surveillance, selon lui.
À force de lutter contre la pêche INN suivant ces trois axes, ‘’nous avons accumulé un savoir-faire assez important, qui nous a permis de travailler avec plusieurs partenaires, dont le Luxembourg. Des partenaires avec lesquels nous avons mis en œuvre un premier projet dans les années 2000. Nous avons ensuite travaillé avec la Banque mondiale à la mise en œuvre d’un projet très connu et très important’’, a-t-il dit.
Selon son secrétaire permanent, la CSRP a mis en œuvre un troisième projet de protection des pêches des pays de la région, avec la collaboration de l’Union européenne (UE).
Elle prépare un autre projet, qui sera consacré à la protection des océans, une initiative à laquelle contribuera l’UE.
‘’En quarante ans, nous sommes restés au service de la préservation et de la gestion durable des océans’’
La Commission sous-régionale des pêches a élaboré plusieurs instruments juridiques, qu’elle met en œuvre depuis sa création, pour protéger les ressources halieutiques communes à ses États membres, a rappelé son secrétaire permanent.
D’après lui, l’organisation régionale a commencé par se doter d’instruments juridiques destinés à la promotion de la collaboration des pays membres en matière de surveillance des pêches.
C’est ainsi que la CSRP a adopté en 1993 la Convention sur les conditions minimales d’accès et la Convention sur le droit de poursuite, qui autorise ses États membres à poursuivre tout navire étranger en haute mer, s’il viole les lois régissant leurs eaux territoriales.
‘’En 2025, nous avons adopté une nouvelle convention, celle relative au suivi, au contrôle et à la surveillance des pêches. Elle est très importante pour la Commission sous-régionale des pêches, car elle permet de coordonner la lutte contre la pêche INN dans nos pays’’, a expliqué Khallahi Brahim.
‘’Qui parle de pêche parle en même temps de la durabilité des ressources halieutiques, de leur exploitation durable […] En quarante ans d’existence, nous sommes restés au service de la préservation et de la gestion durable des océans en Afrique de l’Ouest’’, a-t-il dit.