« Les sirènes retentissent, nous nous dirigeons vers une planète surchauffée »: la banquise arctique à l’un de ses niveaux les plus bas jamais mesurés
19 mars 2026
19 mars 2026
La banquise de l’Arctique est sur le point d’enregistrer l’un de ses pires hivers jamais mesurés, montrent des données satellites américaines analysées par l’AFP, une nouvelle manifestation du réchauffement climatique d’origine humaine dans cette zone au centre de tensions géopolitiques.
La banquise de l’Arctique, glace formée par le gel de l’eau de mer, fond naturellement en été et se reforme en hiver. Mais en raison du changement climatique, la proportion dans laquelle elle se reforme est en déclin.
L’hiver 2025-2026 affiche un niveau de reconstitution de la banquise en-dessous de celui enregistré l’an dernier qui était pourtant déjà au plus bas en quatre décennies, selon les données du National Snow and Ice Data Center (NSIDC), un observatoire américain de référence.
Si la tendance se poursuit jusqu’à fin mars, cet hiver figurera parmi les cinq pires jamais mesurés avec ceux de 2025, 2018, 2017 et 2016.
Si la glace ne continue pas à s’étendre avant la fin de cet hiver, à la fin du mois, cela battrait même le record établi l’année dernière.
Cet hiver devrait s’afficher « parmi les cinq » pires a dit à l’AFP Samantha Burgess, responsable stratégique pour le climat au Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme (ECMWF). Selon Gilles Garric, océanographe polaire au Mercator Ocean Toulouse, « on est dans le tiercé actuellement ».
L’an dernier, la banquise arctique avait atteint sa taille maximale le 22 mars, avec une superficie évaluée à 14,31 millions de kilomètres carrés. Pour l’instant, son niveau maximal a été cet hiver de 14,22 millions de kilomètres carrés le 10 mars.
La hausse des températures mondiales affecte disproportionnellement les pôles, et l’Arctique qui se réchauffe quatre fois plus vite qu’ailleurs. Les onze dernières années s’inscrivent toutes parmi les plus chaudes jamais enregistrées sur la planète.
« Les sirènes retentissent pour nous avertir que nous nous dirigeons vers une planète surchauffée qui connaîtra des ravages considérables », s’est alarmée Shaye Wolf, directrice scientifique en climatologie au Centre pour la diversité biologique, une ONG américaine, dans un commentaire transmis à l’AFP.
La reconstitution médiocre de la banquise peut d’ores et déjà avoir comme conséquence « une fonte estivale potentiellement plus rapide et importante », affirme Samantha Burgess.
Si la fonte de la banquise ne fait pas directement monter le niveau des océans, contrairement à la fonte de la glace qui se situe sur terre (calottes glaciaires, glaciers), elle provoque de nombreuses conséquences climatiques qui menacent bien des d’écosystèmes.
De nombreuses espèces comme l’ours polaire ou les phoques dépendent de la banquise pour se reproduire et se nourrir.