Les Seychelles et l’UE renouvellent leur accord de pêche durable pour quatre ans
31 juillet 2026
31 juillet 2026
Les Seychelles et l’Union européenne (UE) ont signé lundi à Bruxelles un nouveau protocole d’application de leur Accord de partenariat pour une pêche durable (SFPA), permettant de relancer les activités de la flotte européenne dans les eaux seychelloises après plusieurs mois d’interruption.
Le nouvel accord, conclu pour une période de quatre ans, garantit la continuité des opérations de pêche tout en renforçant les retombées économiques pour les Seychelles.
Un accord de 23 millions d’euros pour l’accès aux eaux seychelloises
Le protocole autorise jusqu’à 30 thoniers senneurs et huit palangriers européens à opérer dans la Zone économique exclusive (ZEE) des Seychelles.
En contrepartie, l’Union européenne apportera une contribution financière totale de 23 millions d’euros, soit environ 373 millions de roupies seychelloises, sur la durée de l’accord.
Une enveloppe de 12 millions d’euros, représentant 3 millions d’euros par an, sera consacrée au développement du secteur de la pêche seychelloise, notamment au renforcement des capacités nationales.
Les armateurs européens devront également payer des droits d’accès fixés à 90 euros par tonne de thon capturé, avec une avance de 72 000 euros par thonier senneur versée à la Seychelles Fisheries Authority (SFA).
Port Victoria et l’industrie thonière au cœur des retombées économiques
Le nouvel accord garantit le maintien de Port Victoria comme principal centre d’opération et de transbordement de la flotte thonière européenne dans l’océan Indien.
Cette activité soutient plusieurs secteurs de l’économie locale, notamment la manutention portuaire, l’avitaillement, le ravitaillement en carburant et les services logistiques.
L’accord assure également un approvisionnement régulier en thon pour l’usine Indian Ocean Tuna (IOT) ainsi que pour les entreprises spécialisées dans la transformation des prises accessoires, contribuant au maintien des emplois et au développement des exportations.
Un soutien accru à la pêche artisanale et à la formation maritime
Une partie importante des fonds d’appui sectoriel sera destinée à la pêche artisanale, avec des investissements prévus dans les infrastructures, les équipements de sécurité et la modernisation des installations pour les pêcheurs seychellois.
Le protocole prévoit également un soutien à la Seychelles Maritime Academy (SMA) afin de former de futurs marins, capitaines et techniciens selon les normes internationales de l’Organisation internationale du travail (OIT) et de l’Organisation maritime internationale (OMI).
Des opportunités d’emploi pour les pêcheurs seychellois à bord des navires européens sont également prévues.
La pêche, deuxième pilier de l’économie seychelloise
La pêche demeure le deuxième pilier de l’économie seychelloise après le tourisme. Le secteur représente une source importante de revenus d’exportation, génère des milliers d’emplois directs et indirects et occupe une place centrale dans l’économie bleue du pays.
Le ministre de la Pêche et de l’Économie bleue, Wallace Cosgrow, a souligné que cet accord représente plus qu’un partenariat financier. Selon lui, il contribue à protéger les emplois liés aux activités portuaires, aux installations de transformation du poisson et à renforcer les capacités des pêcheurs artisanaux ainsi que la formation des jeunes Seychellois.
Le protocole est appliqué provisoirement depuis le 27 juillet 2026, afin d’assurer la continuité des activités portuaires et des chaînes d’approvisionnement, dans l’attente de sa ratification définitive par les deux parties.