Les dossiers de Sciences et Avenir : l’océan, le plus grand espoir de la planète

« De Nice… aux abysses », c’est l’édito de Vincent Réa pour le nouveau numéro des dossiers de Sciences et Avenir. Il est disponible partout depuis le jeudi 10 juillet 2025.

La Terre. Drôle de nom pour une planète couverte d’eau à 71 %. C’est que l’espèce humaine a mis du temps à s’en apercevoir. Comme elle en a mis à y regarder de plus près. L’océan n’a longtemps été qu’une marge sauvage, un horizon inquiétant. Une immensité aux ressources infinies, présente de toute éternité et prodigue à jamais, et dont on ne savait, au fond, pas grand-chose. Une mare nullius dans laquelle on a fini par s’arroger le droit de faire à peu près n’importe quoi. Tout juste s’émouvait-on d’une marée noire ou du sort des bébés phoques.

 

On ne peut plus en dire autant. En quelques décennies, la science a déployé ses instruments dans ce vaste terrain de jeu. Repérant, au plus obscur des abysses, une vie aussi foisonnante qu’insoupçonnée. Découvrant les mécanismes physico-chimiques qui font de cette masse d’eau le grand régulateur du climat. L’auscultant en permanence au moyen de bouées bardées de capteurs, de bathyscaphes équipés de caméras, de stations sous-marines posées sur le plancher océanique par plus de 1.500 mètres…

 

Le grand bleu est mal en point

 

Prenant son pouls, en quelque sorte. Dans ce domaine, la France dispose des meilleurs spécialistes et d’une flotte océanographique parmi les plus performantes au monde. Une voix qu’on écoute. Que dit-elle ? À l’unisson des scientifiques : que le grand bleu est mal en point.

À Nice, en juin dernier, la communauté internationale s’est donc réunie à son chevet. Ministres, chefs d’État, déclarations, points presse. Cette troisième Conférence des Nations unies sur l’océan a été précédée – et c’est une première – par un congrès réunissant près de 2.000 chercheurs. Avec l’ambition de fournir aux gouvernants des données robustes sur lesquelles fonder leurs décisions. À l’heure où l’environnement disparaît dangereusement des agendas gouvernementaux, où ses défenseurs sont présentés comme des empêcheurs de produire en rond, et où, de l’autre côté de l’Atlantique, un Président encourage l’exploitation minière des grands fonds au mépris du droit international, espérons que ce sommet azuréen soit suivi d’effets. Et vite ! Parions sur la volonté des décideurs pour que des expressions comme « usage durable » ou « croissance bleue », nouveaux mantras, entravent réellement la course à l’accaparement des richesses de la mer, dernière frontière de politiques économiques aveugles. Il en va de la santé de ce bien commun comme de la nôtre.

 

La magie des abysses à découvrir lors de l’événement Grand Océan

 

Mieux comprendre l’océan permettra certainement de mieux le protéger. Pour autant, apprécions l’inaccessible. Plongeons dans les abysses et admirons les créatures fantastiques qui s’y épanouissent. Bioluminescentes, élégantes ou effrayantes, elles sont minutieusement dessinées dans ces pages par l’illustratrice naturaliste Julie Terrazzoni. Un spectacle émouvant !

La magie des abysses se poursuivra du 26 au 28 septembre à Cherbourg, à l’occasion de l’événement Grand Océan dont Sciences et Avenir est partenaire pour la quatrième année consécutive. Un rendez-vous à ne pas manquer. D’ici là, nous vous souhaitons à tous, en bord de mer comme ailleurs, un bel été.

Source : sciencesetavenir