Les Comores lancent une nouvelle initiative de 54 millions de dollars pour renforcer l’adaptation fondée sur les écosystèmes

 

Moroni, Comores — 11 décembre 2025 – Le Gouvernement de l’Union des Comores a lancé aujourd’hui une importante nouvelle initiative de résilience climatique, soutenue par une subvention de 10 millions de dollars des États-Unis du Fonds pour l’environnement mondial (FEM) et par 44 millions de dollars de cofinancement provenant de partenaires tels que la Banque mondiale et l’Agence française de développement. Cet investissement vise à protéger 140 000 habitants des zones côtières grâce à la restauration, la protection et la gestion durable de 6 200 hectares de mangroves, de plages et de bassins versants supérieurs, qui constituent le système de défense naturelle de l’archipel.

Ce projet quinquennal est exécuté par la Direction générale de l’environnement et des forêts (DGEF) des Comores, en étroite collaboration avec le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE). L’approche de l’initiative — connue sous le nom d’adaptation fondée sur les écosystèmes — utilise la nature pour réduire les risques climatiques tout en renforçant la sécurité alimentaire, les moyens de subsistance et la biodiversité.

En tant que petit État insulaire en développement situé dans l’océan Indien, l’Union des Comores subit déjà une hausse des températures, des modifications des régimes de précipitations et une accélération de l’élévation du niveau de la mer. Avec les deux tiers de sa population vivant à moins de deux kilomètres du littoral, les inondations, l’érosion et l’intrusion d’eau salée causées par le changement climatique menacent le logement, l’agriculture et le développement économique.

Dans un discours prononcé lors de la cérémonie de lancement du projet, S.E. Abubakar Ben Mahmoud, Ministre de l’Environnement des Comores, a déclaré : « Ce projet s’inscrit pleinement dans la vision ambitieuse du Plan Comores Émergent 2030, qui place la durabilité environnementale et la lutte contre les changements climatiques au cœur de notre développement national. Ensemble, avec nos partenaires et nos communautés, nous avons l’opportunité unique de bâtir une résilience durable. »

Pour créer un environnement propice à l’adaptation fondée sur les écosystèmes, huit plans de développement communal seront actualisés selon des processus inclusifs et transformateurs en matière de genre. Parallèlement, 10 000 membres de la communauté seront formés à la gestion intégrée des zones côtières et à la planification résiliente au climat, avec l’appui d’un nouveau système participatif de suivi garantissant la participation communautaire et la redevabilité.

Les communautés joueront un rôle de premier plan dans la restauration et la gestion des écosystèmes essentiels, en s’engageant dans des activités de réhabilitation des mangroves et des plages (6 200 hectares). Ces efforts seront complétés par des mesures de conservation des bassins versants visant à stabiliser les sols et améliorer la disponibilité en eau douce, renforçant ainsi la résilience naturelle des îles face aux impacts climatiques.

« Face au changement climatique, l’Afrique reste en première ligne : sécheresses prolongées, inondations extrêmes, érosion côtière, insécurité hydrique et perte de biodiversité, » a déclaré Fatou Ndoye, Directrice adjointe du Bureau régional pour l’Afrique du PNUE. « Ce projet n’est pas simplement technique – il est transformationnel. Il place la nature au cœur de notre action climatique, et les communautés au centre des solutions. »

Pour favoriser une économie bleue résiliente au climat, une plateforme d’accélération dédiée soutiendra 300 micro, petites et moyennes entreprises dans des secteurs clés tels que la pêche, l’agroforesterie et l’écotourisme. Ces entreprises bénéficieront d’outils de microfinancement sur mesure, conçus pour stimuler l’innovation climatique et les moyens de subsistance durables.

Enfin, la gestion continue des connaissances et l’apprentissage seront intégrés tout au long du projet. Des échanges Sud-Sud, des dialogues politiques inclusifs et des actions de sensibilisation tenant compte du genre permettront de tirer parti des enseignements et innovations, et de les diffuser du niveau local au niveau national aux Comores, ainsi qu’à travers la région de l’océan Indien occidental.

Le PNUE soutient actuellement plus de 45 projets d’adaptation fondée sur les écosystèmes. Ensemble, ces projets visent à restaurer environ 271 000 hectares d’écosystèmes tout en bénéficiant à 4,6 millions de personnes dans le monde. L’adaptation fondée sur les écosystèmes peut également contribuer à l’atténuation du changement climatique en réduisant les émissions liées à la perte d’habitat et à la dégradation des écosystèmes.

 

NOTES AUX RÉDACTEURS

À propos du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) 

Le PNUE est le principal porte-parole mondial en matière d’environnement. Il joue un rôle de chef de file et encourage les partenariats pour la protection de l’environnement en inspirant, en informant et en permettant aux nations et aux peuples d’améliorer leur qualité de vie sans compromettre celle des générations futures.

Source : UNEP