Le plastique, un fléau pour les océans
14 août 2025
14 août 2025
Entre 8 et 12 millions de tonnes de plastiques finissent dans les océans chaque année. C’est l’équivalent d’un camion poubelle de déchets plastiques qui s’y déverse chaque minute. Une fois jeté, le plastique s’érode au fil des années et se détériore en de très petits fragments, des microplastiques.
Première diffusion le 3 avril 2025
Une vingtaine de personnes s’éparpillent sur la plage de la Milady, à Biarritz. À première vue plutôt propre, à première vue seulement. Selim, Manon, Marie-Christine et Bruce font rapidement de nombreuses trouvailles.
« Il y a beaucoup de petits morceaux de plastique, on dirait des coquillages. C’est inquiétant parce que ça peut tomber dans la nourriture d’un oiseau ou entrer dans l’écosystème assez facilement. » Viens le moment du tri. Les déchets récoltés sont répertoriés. En majorité des microplastiques décomposés sous l’effet du soleil, du sable et du vent.
Des données recueillies par l’association Surfrider. Précieuses pour interpeller les politiques et les industriels. Et faire évoluer la législation française et européenne. Christina Barreau est la coordinatrice programme environnement pour Surfrider foundation Europe, elle explique :
« Ces données nous permettent de construire nos plaidoyers. Quel est l’état des lieux des plages européennes ? Par quel type d’objets sont-elles polluées ? Comment sont-ils arrivés là ? Parce qu’il y a des plages, par exemple, qui sont très polluées par des objets plutôt liés aux activités maritimes, comme des équipements de pêche, et d’autres dont la pollution est d’origine plus continentale. Je vais vous donner deux exemples. On trouve énormément de déchets plastiques à usage unique. On s’est donc interrogé sur les lois actuellement manquantes pour justement prévenir les déchets à la source et les réduire. En France, on a par exemple plus de grandes avancées avec la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire et au niveau européen, l’adoption de la directive qu’on appelle ‘plastique à usage unique singulier' ».
Le plastique forme aussi ce qu’on appelle un 7ᵉ continent au large, l’océan pacifique. Une « soupe plastique« , accumulation de déchets plastiques amenés là par le vent. Sa taille ? Trois fois la surface de la France métropolitaine. Le plastique se diffuse partout. Maria Luiza Pédrotti est chercheuse au laboratoire d’océanographie de Villefranche-sur-Mer, elle déclare : « Si vous jetez une bouteille de plastique à Paris sur la Seine, cette bouteille, va ensuite rentrer dans l’océan d’une façon ou d’une autre. Et avec les courants, elle peut tomber même en Arctique. Cette bouteille peut passer des centaines d’années à polluer les océans et ça, ce n’est pas pris en compte dans le prix de la fabrication. Ça veut dire que le plastique coûte très cher. Il faut gérer la pollution en amont, il faut fermer le robinet ».
Les prévisions sont terribles, la quantité de plastiques produits, 450 millions de tonnes dans le monde en 2022, pourrait être multipliée par 3 en 2060…