Le Plan Mattei : Un Pont Vers l’Avenir Africain
1 août 2025
1 août 2025
Le Plan Mattei a attiré « un gros intérêt, dans les 12 derniers mois, des monarchies du Golfe, qui nous demandent de trianguler des projets, en premier lieu les Émirats, l’Arabie Saoudite, le Qatar et le Bahreïn », dit l’ambassadeur Maurizio Saggio, coordinateur de la Structure de mission de Palazzo Chigi aux Commissions des Affaires étrangères réunies de la Chambre et du Sénat. C’est un passage loin d’être secondaire de l’audition d’hier après-midi qui confirme non seulement l’intérêt international croissant envers le Plan lancé par le Gouvernement Meloni en 2024 et de fait « adopté » par l’Europe avec son Global Gateway de 150 milliards pour le continent africain. À donner le sens d’une concrétude opérationnelle qui ne connaît pas de pauses sont surtout les chiffres et les projets qui réitèrent la disponibilité de l’Italie à accueillir les propositions des pays avec lesquels le Plan a été convenu (14 jusqu’à présent).
L’ambassadeur Saggio parle de nouveaux investissements pour environ 500 millions dans les six premiers mois de l’année. Et rappelle comment le Plan Mattei a été décisif aussi pour la souscription des accords de dizaines de milliards que notre pays a conclus en Arabie Saoudite, Qatar et Bahreïn à l’occasion des récentes missions économiques guidées par la même première ministre. Le tout dans un contexte financier dans lequel la collaboration avec la Banque mondiale et avec la Banque africaine de développement s’est révélée précieuse et indispensable. Au premier semestre 2025, le Comité technique de la Structure de mission a approuvé des projets pour 265 millions jusqu’au 30 juin auxquels s’ajoutent deux autres, chacun de 100 millions, qui seront définis ces jours-ci.
Cela va de l’énergie à l’utilisation de l’eau, de la formation à la santé, à l’agriculture. L’Italie, à travers le Plan Mattei, assurera de nouveaux niveaux d’électrification diffuse au Mozambique et en Tanzanie, et avec Terna, en Tunisie, soutiendra la croissance et la qualité des compétences des startups locales en vue du lancement du grand projet Elmed, l’électrodrome sous-marin qui reliera la Tunisie et l’Italie et dans lequel seront engagées aussi les ressources les plus technologiquement avancées du pays africain, à commencer par la société de distribution d’énergie. Toujours en Tunisie, un grand projet pour la récupération d’un énorme bassin d’eaux non conventionnelles actuellement inutilisable pour l’irrigation et les usages domestiques sera lancé. Une opération presque analogue sera assurée en Éthiopie, comme cela a été convenu lors de la visite de Meloni ces jours-ci : le retombée en termes d’emploi, explique Saggio, garantira du travail à 3 000 ouvriers locaux. Et il est clair qu’en regardant vers l’Afrique, la Méditerranée prend un rôle de grande centralité. Sur la Santé : dans ce secteur, l’objectif du Plan est de contribuer à réduire les taux de mortalité néonatale en Côte d’Ivoire, grâce au renforcement des structures hospitalières locales. Pour l’agriculture durable, le grand projet lancé en Algérie reste prioritaire : 7 000 des 30 000 hectares identifiés ont déjà été mis en culture, les produits seront entièrement destinés au marché local, soit 40 tonnes annuelles, et environ 600 000 personnes en bénéficieront. Dans la même veine, le Plan Mattei a défini des possibilités analogues de collaboration en agriculture également avec le Ghana, le Sénégal et la Côte d’Ivoire.
Nouveautés aussi pour la formation, secteur fondamental pour réduire le fossé des compétences et garantir des débouchés professionnels sur place, voie principale pour réduire l’impact de l’émigration surtout clandestine. En Algérie, le premier centre de formation pour le monde agricole verra le jour, un autre est prévu en Tunisie avec une attention particulière aux techniques d’utilisation de l’eau. De plus, avec Confindustria qui est depuis longtemps en première ligne pour saisir les opportunités du Plan Mattei (la présence sur le continent de l’association Assafrica et le soutien de toutes les agences nationales pour la promotion du made in Italy sont une garantie de qualité et de sérieux) est en train de définir le parcours pour assurer aux PME italiennes le personnel, formé sur place, dont elles ont particulièrement besoin et qu’en Italie on n’arrive plus à trouver. À tout cela s’ajoutent les trois projets les plus importants annoncés à l’occasion du récent sommet à Rome entre Meloni, Ursula Von Der Leyen et les institutions bancaires mondiale et africaine dans le cadre de l’intégration entre Global Gateway Ue et Plan Mattei. À savoir, la participation de l’Italie au soi-disant « Corridor Lobito », la gigantesque œuvre infrastructurelle ferroviaire qui reliera le cœur de l’Afrique à l’Europe ; au développement de la filière du café en Éthiopie ; et au projet de connexion numérique sous-marin « Blue & Raman » avec la participation de Sparkle qui concernera l’Afrique orientale.
« Nous opérons toujours et uniquement à la demande des pays liés au Plan Mattei – précise l’ambassadeur Saggio – et ce n’est pas un hasard si la capacité d’écoute et de partage avec nos partenaires est peut-être la clé de lecture la plus juste pour expliquer comment fonctionne le Plan ». Mais c’est aussi la crédibilité de l’architecture financière et du système pays dans son ensemble qui a permis à l’Italie d’obtenir la confiance de ses interlocuteurs. Saggio rappelle par exemple que grâce à l’implication des privés, de nouvelles mesures ont été mises en place pour soutenir les PME intéressées par le continent. Avec Plafond Africa, en particulier, Cassa depositi e prestiti garantit des ressources, avec une couverture étatique à 70%, tandis que Simest, avec Misura Africa, a déjà défini des projets d’investissement pour 5 millions.