Le Nigeria veut devenir un hub du cabotage en Afrique de l’Ouest
30 janvier 2026
30 janvier 2026
La mise en place du portail officiel du Fonds de financement des navires de cabotage (CVFF) marque un tournant pour le Nigeria. Au-delà d’un simple soutien aux armateurs locaux, Abuja enclenche un mécanisme susceptible de redéfinir les équilibres du transport maritime côtier en Afrique de l’Ouest.
Au Nigeria, le programme de promotion des compagnies maritimes locales dénommé Fonds de financement des navires de cabotage (CVFF) a franchi une nouvelle étape de sa mise en œuvre avec le lancement la semaine dernière, du portail officiel de demandes de financements des armateurs.
Lancé en 2003, mais resté inopérant pendant environ deux décennies, le CVFF prévoit de faciliter l’accès au financement pour l’acquisition de navires par des compagnies nigérianes, avec une subvention maximale de 25 millions USD par armateur. Ceci survient après l’annonce de la fin progressive des dérogations accordées aux navires étrangers pour opérer dans le cabotage, segment réservé par la loi aux opérateurs locaux.
Du marché intérieur à l’espace régional
Avec son poids démographique (237,5 millions d’habitants), la taille de son économie et l’importance de ses flux commerciaux de pétrole et de gaz, le Nigeria constitue le plus grand marché maritime d’Afrique de l’Ouest. Si le renforcement des flottes locales se concrétise, les armateurs du pays pourraient ainsi dépasser le simple cadre du cabotage national pour opérer sur des liaisons côtières régionales.
Dans une sous-région où peu de pays disposent de flottes commerciales significatives, le Nigeria a le potentiel d’évoluer d’un statut de marché dépendant des armateurs étrangers vers celui de prestataire de services maritimes à destinations des pays voisins, notamment pour le transport de produits pétroliers, de vrac et de marchandises liées aux industries extractives.
Cette trajectoire reste toutefois conditionnée à la gouvernance du fonds, à la capacité réelle des opérateurs locaux à exploiter efficacement les navires financés, ainsi qu’à la disponibilité de compétences techniques qualifiées.