Le Nigeria lancera un fonds de 1 milliard $ dédié aux start-up de l’économie bleu en mars 2026
19 décembre 2025
19 décembre 2025
L’initiative permettra de soutenir des entreprises locales, d’attirer des investisseurs et de réduire la dépendance du pays aux revenus pétroliers, dans un contexte de diversification de l’économie nigériane
Le Nigeria lancera en mars 2026 un fonds d’un milliard $ destiné aux start-up de l’économie bleue et du secteur maritime. L’annonce a été faite le dimanche 14 décembre 2025, à Abuja par Ronke Kosoko, directrice générale du Maritime Innovations Hub, lors d’une conférence de presse organisée en marge du sommet sur l’investissement dans l’économie bleue.
Le fonds sera officiellement lancé à l’occasion du sommet sur l’investissement dans l’économie bleue prévu à Lagos du 9 au 11 mars 2026. Il ciblera des jeunes entreprises actives dans plusieurs segments du secteur maritime. Il s’agit du transport maritime, de la pêche, du tourisme côtier, de la construction navale et des énergies marines renouvelables.
Selon Ronke Kosoko, l’objectif est de fournir des financements directs aux start-up et de renforcer leurs compétences. Le fonds prévoit des programmes de formation, un accompagnement technique et un accès à des réseaux internationaux. Il s’inscrit dans la continuité d’un financement de 100 millions $ déjà obtenu par le Nigeria pour la formation et le renforcement des capacités dans le secteur maritime. Mme Kosoko a indiqué que les discussions avec les partenaires financiers arrivent à leur terme et que les représentants du fonds devraient revenir prochainement au Nigeria pour finaliser les engagements.

L’économie bleue au cœur de la diversification
Cette initiative intervient dans un contexte de diversification de l’économie nigériane. Le pays cherche en effet à réduire sa dépendance aux recettes issues du pétrole en développant des secteurs alternatifs. L’économie bleue fait partie des priorités retenues par le gouvernement fédéral.
Le pays possède l’un des plus longs littoraux d’Afrique de l’Ouest, qui s’étend sur plus de 850 km et une position stratégique sur les principales routes maritimes internationales. Malgré ces atouts, sa contribution au produit intérieur brut (PIB) reste inférieure à 3%, selon Ronke Kosoko.
Plusieurs facteurs expliquent cette situation. Le secteur souffre d’un manque d’infrastructures portuaires, d’une faible disponibilité de données économiques fiables et d’un cadre réglementaire parfois instable. Ces contraintes limitent le développement des activités maritimes et freinent l’arrivée de capitaux privés.
Selon la directrice générale du Maritime Innovations Hub, un soutien financier structuré pourrait permettre à l’économie bleue de contribuer à combler une partie du déficit du PIB du Nigeria, estimé à environ 750 milliards $. Les autorités estiment que des investissements ciblés peuvent transformer des activités informelles en entreprises structurées et génératrices de revenus fiscaux.
Un signal pour les investisseurs internationaux
En soutenant des start-up par des capitaux, des formations et une exposition internationale, le fonds entend réduire ces contraintes liées au secteur maritime et à l’économie bleue. Les promoteurs du projet estiment que la structuration de l’écosystème local facilitera l’entrée de fonds d’investissement et de partenaires industriels.
Cette annonce intervient quelques semaines après le retour du Nigeria au conseil de l’Organisation maritime internationale (OMI), après 14 ans d’absence. Fin novembre 2025, le pays a été élu au Conseil de l’OMI pour le mandat 2026, dans la catégorie C, qui regroupe les États ayant des intérêts particuliers dans le transport maritime.
Le ministre des Affaires maritimes et de l’Economie bleue, Adegboyega Oyetola, a présenté cette élection comme un signal de reconnaissance des réformes engagées et des efforts de sécurité menés dans le golfe de Guinée. Selon lui, ce retour devrait dynamiser le secteur, renforcer les partenariats internationaux du pays, améliorer son accès à l’assistance technique, et accroître la confiance des investisseurs.