Le groupe MSC s’impose partout : jamais un armateur n’a été aussi puissant sur les mers
27 février 2026
27 février 2026
Chaque semaine, notre journaliste Thibaud Teillard écrit un éditorial dans la newsletter « shipping » du marin. Cette semaine, focus sur le géant italo-suisse MSC, qui n’en finit pas de tisser sa toile dans le secteur maritime international.
Discret, secret mais puissant comme jamais. MSC, pour Mediterranean shipping company, le nom le plus connu de la galaxie familiale Aponte, n’en finit pas de tisser une toile maritime mondiale absolument prodigieuse. Jamais de toute l’Histoire, un armateur n’a été aussi puissant sur les mers. Et de plus en plus sur terre.
Il y a d’abord le n°1 mondial du conteneur qui pèse plus d’un cinquième de la capacité mondiale et ne pourra pas être rattrapé avant de très longues années, sauf fusion entre ses rivaux européens, Maersk, CMA CGM, ou le rachat de l’un d’entre eux par le chinois Cosco. Autrement dit de la science-fiction.
Il y a l’armateur de croisière, désormais n°3 mondial au coude à coude avec le troisième américain Norwegian cruise line, auquel le dynamique bassin industriel de Saint-Nazaire doit tant.
Et puis il y a désormais le remorquage, avec une entrée d’égal à égal au sein du n°1 mondial, filiale d’un groupe familial lui aussi, Boluda.
Il y a encore les terminaux portuaires, la nouvelle conquête des armateurs, dont le groupe italo-suisse est devenu un acteur de tout premier rang. Certes MSC n’arrive pas (encore) à s’emparer des ports du chinois Hutchison – deal du siècle, encalminé depuis près d’un an par la mauvaise volonté des autorités chinoises – mais il s’invite, contre toute attente, à Panama en lieu et place du même Hutchison, habile manœuvre que l’on croyait entre les mains du seul Maersk.
Enfin, il y a les ferries. Le revers majeur imposé par les autorités antitrust italiennes dans la prise de contrôle de Moby a franchement réduit les ambitions du n°1 européen. Mais la filiale du groupe, GNV, qui engendre des pertes récurrentes, est massivement à l’offensive en Méditerranée. Avec une politique de prix redoutable, grâce à son pavillon bis italien, elle déstabilise très largement le marché et place les armateurs français en position défensive fort inquiétante. D’autant que le plus francophone et francophile des armateurs non-français, le groupe MSC, a une habileté à séduire et à convaincre à la hauteur de son envergure. En France, on le sait à Saint-Nazaire, au Havre, à Marseille. Il suffit maintenant aussi d’écouter le port de Sète en parler pour bien en prendre la mesure.