Le fabricant danois d’aliments pour animaux Insectum ApS s’installe au Ghana
13 mars 2026
13 mars 2026
Au Ghana, l’élevage contribue à hauteur de 13 % au PIB agricole. Dans un contexte où le gouvernement veut relancer l’aviculture et accélérer le développement de l’aquaculture, les besoins en aliments pour animaux devraient continuer de croître.
L’entreprise biotechnologique danoise Insectum ApS, spécialisée dans la production de protéines pour l’alimentation animale à partir de déchets organiques, s’apprête à lancer sa première installation commerciale au Ghana.
Selon les informations relayées par les médias internationaux, ce nouveau projet sera réalisé dans le cadre d’un partenariat tripartite conclu le 4 mars dernier à Accra avec son compatriote Michael Bundgaard Holding et la société ghanéenne JSO Waste, spécialisée dans le recyclage et la valorisation des déchets.
« Chez Insectum, nous sommes très enthousiastes à l’idée de former notre premier partenariat en franchise en Afrique, et nous sommes particulièrement fiers de le faire avec JSO et Michael Bundgaard Holding, des entreprises avec lesquelles la collaboration s’est imposée naturellement dès le départ », a déclaré David Munk-Bogballe, directeur général d’Insectum ApS.
D’un coût total de 2,5 millions d’euros (2,9 millions $), la future usine sera capable de traiter 8 000 tonnes de déchets organiques par an, transformant ces flux en protéines pour poissons et volailles, ainsi qu’en fertilisants organiques pour l’agriculture. Pour l’heure, les détails concernant le début des travaux et l’emplacement du site ne sont pas encore connus.
Vers la réduction des coûts de production des aliments pour animaux ?
La particularité d’Insectum réside dans sa technologie innovante basée sur l’élevage de mouches noires (Hermetia illucens). Les larves de cet insecte consomment les déchets organiques et les transforment en protéines et lipides riches, idéales pour l’alimentation animale. Les résidus servent de fertilisants naturels, soutenant la production agricole locale tout en réduisant l’empreinte environnementale.
Le projet répond à un besoin stratégique pour le Ghana qui cherche à relancer son secteur avicole et développer l’aquaculture. D’après la FAO, la farine de mouche soldat noire est une alternative durable et moins coûteuse par rapport à la farine de poisson conventionnelle traditionnellement utilisée dans l’alimentation des poissons dans les élevages aquacoles.
Dans un rapport publié en janvier dernier, le Forum économique mondial (WEF) soulignait qu’en Afrique, les contraintes liées aux aliments pour poissons entraînent des coûts de production aquacole supérieurs de 10 à 20 % aux moyennes mondiales. « Ces coûts élevés sont dus à la dépendance vis-à-vis des aliments piscicoles conventionnels, importés en raison de la capacité limitée de production locale, et composés de tourteau de soja [également essentiel pour la consommation humaine] et de farine de poisson [extraite de poissons capturés dans la nature] », explique le WEF.
Dans ce contexte, la perspective de réduire les coûts de production d’aliments pour poissons à base de farine de mouche soldat noire devrait permettre de soutenir la dynamique de croissance observée dans l’industrie aquacole ghanéenne au cours des dernières années. Selon les données du ministère du Développement de la Pêche et de l’Aquaculture, la production aquacole au Ghana a presque doublé, passant de 52 360 tonnes en 2019 à 100 000 tonnes en 2023. Avec ce bond significatif, l’aquaculture compte actuellement pour près de 20 % des captures totales de poissons, évaluées à 484 412 tonnes en 2023.
Du côté de l’aviculture, le coût élevé de production des aliments pour animaux est également considéré comme un des principaux obstacles au développement de l’industrie locale. Selon le Département américain (USDA), le Ghana n’a produit que 60 000 tonnes de viande de poulet en 2023, soit seulement 18 % de la consommation totale qui était évaluée à 330 000 tonnes cette année.
Avec son projet en gestation au Ghana, Insectum ApS et ses partenaires cherchent à se positionner sur un marché des aliments pour animaux, appelé à croître avec la volonté du gouvernement d’augmenter la production avicole et aquacole dans les prochaines années.