Le canal de Panama bat son record de trafic annuel, alimenté par le report de pétroliers depuis le Moyen-Orient (mais la dynamique est enrayée par le phénomène climatique El Niño)
23 octobre 2026
23 octobre 2026
Le canal de Panama a battu son record annuel de trafic de marchandises, en raison d’un détroit d’Ormuz enrayé par la guerre au Moyen-Orient, et malgré la baisse du trafic maritime due à la sécheresse provoquée par El Niño, a déclaré mardi son organisme gestionnaire à l’AFP.
Quelque 521 millions de tonnes de marchandises ont été acheminées à travers le canal du Panama sur la dernière année fiscale (du 1er octobre 2025 au 30 septembre 2026), à bord de près de 14.000 navires, selon les données de l’Autorité du canal de Panama (ACP). C’est 3 millions de plus qu’en 2022, année du précédent record. Les États-Unis et la Chine sont les principaux utilisateurs de cette voie longue de 80km par laquelle transitent, selon les estimations, 5% du commerce maritime mondial.
Cette fois, tout au long de l’année, le canal a enregistré un « boom » du trafic maritime en raison des difficultés de circulations dans le détroit d’Ormuz, a déclaré à l’AFP la directrice du canal, Ilya Espino de Marotta. En effet, le couloir a fait passer le nombre de transits quotidiens de 36 à 41 « pendant un certain temps » après le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, afin de faciliter le passage des navires cherchant une alternative sécurisée au transport des hydrocarbures, a-t-elle encore indiqué.
Cette augmentation a permis d’amortir la réduction ultérieure du nombre de passages que le canal d’Amérique centrale a dû mettre en œuvre en raison du manque de précipitations. La voie navigable fonctionne grâce à l’eau douce stockée dans deux lacs artificiels, dont le niveau a baissé en raison de la sécheresse provoquée par le phénomène climatique El Niño.
Par conséquent, depuis début septembre, le nombre de traversées quotidiennes a été progressivement réduit, passant de 36 à 32, avant d’être ramené à 33 grâce à une augmentation des précipitations. L’Autorité du canal (ACP) a également commencé à réduire le tirant d’eau des navires – la profondeur du bateau sous la ligne de flottaison – de 15,24 à 14,63 mètres. L’impact d’El Niño ne s’est « réellement » fait sentir que durant les quatre derniers mois de l’exercice fiscal, a assuré Ilya Espino de Marotta.
Pour chaque bateau, il est en effet nécessaire de déverser environ 200 millions de litres d’eau douce. Cette eau « est la ressource la plus importante pour l’exploitation » du canal, mais « entre avril et août, le déficit cumulé de précipitations s’est établi à 35,8% en dessous de la moyenne historique », a déclaré en septembre Erick Cordoba, responsable de l’hydrométéorologie pour le canal. Et il n’y a « aucun signe d’embellie à court terme », a-t-il prévenu.