La goélette Tara va partir à la recherche des « coraux de demain » en embarquant 67 scientifiques durant 17 mois
11 décembre 2025
11 décembre 2025
La goélette scientifique Tara va prendre la mer dimanche de Lorient, son port d’attache, pour une expédition en Asie du Sud-Est destinée à identifier les « coraux de demain », les plus résistants au réchauffement climatique.
Dix ans après Tara Pacific consacrée à la biodiversité du corail, cette nouvelle expédition de la goélette, baptisée Tara Coral, doit mener le voilier-laboratoire vers le Triangle du corail, une région de 5,7 millions de km2, située entre les Philippines, la Malaisie et la Papouasie-Nouvelle-Guinée.
Cette zone de forte biodiversité, qui abrite un tiers des récifs coralliens du monde et 600 espèces différentes, présente la particularité d’héberger des récifs coralliens résistant mieux au réchauffement climatique.
Les coraux, qui abritent un quart de la biodiversité marine sur 0,2 % de la surface océanique, blanchissent en effet sous l’effet des vagues de chaleur et finissent par dépérir.
Or, on a des zones dans le Triangle du corail où la couverture corallienne est en croissance
, a souligné Paola Furla, directrice scientifique de l’expédition, lors d’une visioconférence de presse.
Il est donc intéressant d’essayer de comprendre pourquoi certains récifs, certaines espèces, certaines colonies, sont plus ou moins sensibles aux vagues de chaleur, et d’identifier les colonies tolérantes
, a décrit la chercheuse et professeure à l’Université Côte d’Azur.
La goélette passera 17 mois sur place, embarquant 67 scientifiques qui effectueront 1440 plongées pour identifier ces coraux de demain
. Pour tenter de percer ce mystère, les scientifiques étudieront plusieurs hypothèses, comme l’effet de la plus grande diversité d’espèces dans cette zone, la présence d’espèces plus résistantes, ou d’individus pré-adaptés
au réchauffement climatique en raison de leur histoire, ou la présence de remontées d’eaux froides limitant le réchauffement de l’océan.*
Outre des échantillonnages de l’eau, des sédiments et des coraux eux-mêmes, les chercheurs feront subir des stress thermiques aigus
(+ 3°C, + 6°C, + 9°C) à des morceaux de coraux pour regarder leur réaction
et détecter les colonies qui ne blanchissent pas, a détaillé Serge Planes, directeur de recherche au CNRS.
Notre objectif, c’est de trouver des moyens pour diminuer le déclin
des récifs coralliens, a souligné M. Planes, qui a dit espérer des récifs coralliens
en bonne santé dans le futur », grâce aux avancées de la recherche. Le scientifique a notamment évoqué une possible restauration active
des récifs coralliens par différentes techniques. Tara doit quitter Lorient dimanche pour rejoindre Tokyo début avril puis la Papouasie-Nouvelle-Guinée au mois de mai.