La Côte d’ivoire veut accélérer sur les ressources halieutiques

 

Bénéficiant d’une enveloppe de 30 millions d’euros, le projet vise à moderniser la production, mais aussi la transformation et la distribution, des produits de la pêche et de l’aquaculture, avec la création de quatre pôles régionaux.

Un coup de booster pour le secteur de la pêche et de l’aquaculture en Côte d’Ivoire… tel est l’objectif du Projet de Développement des Chaînes de valeur compétitives de l’Aquaculture et de la Pêche durable (ProDeCAP), lancé officiellement par le ministre des Ressources animales et halieutiques (MIRAH), Sidi Tiémoko Touré, à San Pedro le 26 mars dernier. Devant s’étaler sur au moins cinq ans, le programme est conduit en partenariat avec la FAO et la Banque Africaine de Développement. Son coût total est estimé à 19 milliards FCFA (environ 30 millions d’euros), financé en grande partie par un prêt souverain de la Banque Africaine de Développement. En ce sens, la Côte d’Ivoire et la BAD ont conclu un accord de prêt de 24,6 millions d’euros, soit 16,158 milliards de FCFA, le 18 décembre 2024. Comme d’autres plans similaires dans la région, par exemple au Bénin, l’objectif clé est de développer la production nationale dans un contexte où le pays importe pas moins de 80 % de sa consommation. Alors que la Côte d’Ivoire est le premier producteur de thon de l’Afrique de l’Ouest, il s’agit de mieux tirer parti des 566 km de littoral maritime mais aussi des plans d’eau intérieur (lagunes, barrages, lacs, rivières et fleuves…) et de renforcer les chaînes de valeur en aval.

Le programme comportera quatre composantes principales. La première porte sur la gestion durable des pêches, à commencer par une meilleure connaissance des stocks, des flottilles et de la production, afin d’adapter l’effort de pêche à des niveaux durables pour les pêcheries commerciales à petite et à grande échelle. La lutte contre la pêche illicite figure aussi parmi les actions prioritaires. À noter que l’intervention technique de la FAO portera notamment sur le renforcement des bases scientifiques nécessaires à une gestion durable des pêches, incluant l’évaluation des stocks halieutiques dans les lagunes et les lacs, en vue d’orienter les politiques publiques et prévenir la surexploitation. La deuxième composante vise au développement de l’aquaculture par des mesures classiques en coopération avec les acteurs privés et des fermes de démonstration. Il s’agit de l’accroissement des stocks de géniteurs, de la mise en place d’écloseries supplémentaires, du renforcement de la production commerciale d’alevins et des outils de formulation d’aliments, avec un accent mis sur la prise en compte des normes de certification des alevins et des aliments. La composante 3 entend renforcer les chaînes de valeur en tirant mieux parti, lors des étapes de mareyage et de transformation, des pêches et de la production locale. Cette démarche passera par une meilleure différenciation des produits et, au plan matériel, par la réhabilitation des infrastructures de stockage et de distribution. À ce titre, le ProDeCAP prévoit le développement de quatre pôles intégrés régionaux de production et de négoce, appelés « Haliopôles » (San-Pedro, Centre, Centre-Ouest et Sud-Comoé). Des actions de développement des capacités au sein des agents publics ou des acteurs de la filière figurent au programme de ces trois composantes. Enfin, la composante 4 a trait à la gestion, au financement et à la coordination du projet. Dans le cadre du prêt de la BAD, l’institution financière panafricaine pilote une série d‘appels d’offres publics portant sur les différents volets du programme. Selon les autorités, le projet devrait impacter les conditions de vie d’environ 700 000 personnes, dont une majorité de femmes.

Source : Classe export