Ghana : le premier projet d’aquaculture en eaux maritimes est en gestation

 

Au Ghana, comme dans la majorité des pays côtiers, l’offre locale de poisson provient majoritairement de la pêche. Alors même que l’aquaculture, considérée comme une alternative durable, progresse, sa contribution à l’approvisionnement en poisson reste encore faible.

Au Ghana, l’entreprise Flosell Limited a entamé des discussions avec le ministère des Pêches et de l’Aquaculture en vue de développer la production de poisson en mer à grande échelle. Selon un communiqué publié sur le site dudit ministère le lundi 9 février, ce projet est annoncé comme étant la première opération commerciale d’aquaculture marine dans le pays.

Concrètement, il s’agira d’élever des poissons en eaux marines en utilisant des cages circulaires flottantes et des écloseries. Selon les responsables de l’entreprise, cette initiative est mise en œuvre en collaboration avec des partenaires norvégiens qui disposent d’une expertise mondiale et de technologies éprouvées dans le secteur.

Si le coût de l’investissement n’est pas encore connu, on sait que le lancement des travaux d’installation du site est programmé durant le deuxième trimestre de 2026, avec une première récolte attendue au quatrième trimestre 2027. La première phase du projet prévoit l’exploitation de 10 concessions marines, en commençant par la zone de Prampram, dans la région du Grand Accra.

 

Un tournant pour le développement de l’aquaculture au Ghana ?

L’introduction de l’aquaculture en mer représente une évolution majeure pour un secteur ghanéen jusqu’ici dominé par l’élevage en cages sur le lac Volta et l’aquaculture en étangs. Elle offre une alternative stratégique en diversifiant les zones d’élevage et en réduisant les risques sanitaires liés à la concentration des exploitations en eau douce, une exposition réduite à la pollution d’origine humaine, une minimisation des conflits avec d’autres activités côtières ou encore un meilleur contrôle des parasites des poissons.

Grâce aux conditions plus stables et au renouvellement constant des eaux marines, les systèmes offshores permettent d’atteindre des volumes plus élevés et une meilleure productivité par unité d’élevage. Elle ouvre également la voie à la production d’espèces marines à plus forte valeur commerciale telles que le saumon, la dorade ou le bar, permettant ainsi de diversifier l’offre de poissons au-delà du tilapia et du poisson-chat, privilégiés dans l’aquaculture continentale. Par ailleurs, les espèces marines élevées sont très demandées sur les marchés internationaux et régionaux, ce qui peut accroître les exportations et donc les recettes.

Vers un renforcement de capacités de production

Globalement, le projet annoncé par l’entreprise Flosell Limited, s’il se concrétise, pourrait servir de modèle à d’autres investissements du secteur privé pour le développement de l’aquaculture marine à grande échelle au cours des prochaines années.

« Ce projet marque une étape importante vers l’expansion de l’aquaculture marine durable au Ghana, le renforcement de la capacité locale de production et la promotion de l’agenda de l’économie bleue du pays », indique l’entreprise dans un communiqué publié sur son site.

En diversifiant son système de production de poissons au-delà de l’aquaculture conventionnelle, le Ghana pourra augmenter la contribution de l’aquaculture à l’approvisionnement local en poisson. L’enjeu sera de réduire le déficit existant entre l’offre et la demande de produits halieutiques sur le marché intérieur, tout en réduisant la pression sur les stocks halieutiques.

Selon les données du ministère du Développement de la Pêche et de l’Aquaculture, la production aquacole au Ghana a presque doublé, passant de 52 360 tonnes en 2019 à 100 000 tonnes en 2023. En dépit de ces progrès, l’aquaculture ne représente actuellement qu’environ 20 % des captures totales de poissons, évaluées à 484 412 tonnes en 2023, le reste de l’offre provenant de la pêche.

Avec une consommation annuelle de poisson par habitant estimée à 24,6 kg, l’ex-Gold Coast affiche actuellement un déficit annuel d’approvisionnement en poisson frais estimé à près de 700 000 tonnes par an, selon les données officielles.

Source : agenceecofin