En Haïti, l’économie bleue aide les communautés rurales à affronter les crises
18 septembre 2026
18 septembre 2026
L’économie bleue, qui s’appuie sur les ressources aquatiques et côtières pour créer de la croissance économique, génère chaque année près de 2 500 milliards d’USD à l’échelle mondiale. C’est l’équivalent de la septième économie mondiale. Couvrant un large éventail de secteurs, de la pêche et de l’aquaculture aux infrastructures côtières, au transport maritime et au tourisme, elle recèle un potentiel économique encore largement inexploité.
Mais une économie bleue durable peut également offrir un puissant moteur de résilience, en particulier dans les petits États insulaires en développement (PEID). Des investissements bien conçus dans l’économie bleue permettent de diversifier les moyens d’existence, de renforcer les systèmes alimentaires locaux et de soutenir la gestion durable des écosystèmes côtiers et marins qui contribuent à atténuer les effets des chocs climatiques.
C’est pourquoi 23% des projets soutenus par le FIDA comprennent des activités de pêche et aquaculture, 2,1 milliards d’USD ayant été investis depuis 2010. Les investissements du FIDA contribuent à stabiliser les revenus, à réduire les dommages des changements climatiques et à favoriser une croissance durable.
En Haïti, un projet financé par le FIDA offre des enseignements précieux. Lancé en 2022, premier investissement du FIDA dans l’économie bleue en Amérique latine et Caraïbes, le Projet d’économie bleue inclusive (ou I-BE, son acronyme en anglais), doté de 26,6 millions d’USD et mis en œuvre par le Ministère de l’économie et des finances, démontre que renforcer l’économie bleue permet aux communautés rurales côtières de soutenir la croissance, même dans les contextes les plus fragiles.
De nombreux obstacles entravent le développement économique des communautés côtières haïtiennes car l’insécurité persistante et l’instabilité politique perturbent les chaînes de valeur, augmentent les coûts d’accès aux marchés et poussent de nombreuses personnes à partir. Dans le même temps, ces territoires figurent aussi parmi les plus exposés du monde aux effets des changements climatiques.
Dans ce contexte de fragilité, renforcer la résilience à long terme est essentiel. Le projet I-BE montre que des investissements dans l’économie bleue peuvent être une solution. Sur la côte nord du pays, le FIDA finance des infrastructures rurales essentielles ainsi que la revitalisation d’industries locales afin d’améliorer la résilience des populations, la sécurité alimentaire et l’autosuffisance.
À mesure que les perspectives économiques s’ouvrent, le projet transforme également la manière dont les populations rurales côtières gèrent les ressources marines, afin que celles-ci continuent de soutenir les moyens d’existence pour les années à venir. Par exemple, I-BE installe actuellement des dispositifs de concentration de poissons en mer qui réduisent la pression de pêche sur les récifs coralliens côtiers déjà surexploités. Les pêcheurs locaux accroissent ainsi leurs prises et leurs revenus de façon durable.
Dans la petite communauté côtière de Jacquezil, les habitants, quant à eux, travaillent ensemble à la restauration des mangroves avec l’appui du projet I-BE. Ces écosystèmes jouent le rôle de barrières naturelles contre la montée du niveau de la mer, contribuant à prévenir l’érosion côtière et à réduire les risques d’inondation. En offrant des zones de reproduction à la faune marine, ils soutiennent également les communautés de pêcheurs locales. À ce jour, six pépinières de mangroves couvrant une superficie totale d’environ 1 500 m² ont été mises en place, avec une production estimée à 117 000 plants.
Sur les rives de la baie de Fort-Liberté, le programme I-BE accompagne les petits vendeurs et vendeuses de poisson dans la transformation de leur activité de simple moyen d’existence en petite entreprise rentable en mesure de surmonter toutes sortes de crises. Nombre d’entre eux exerçaient leur métier depuis des décennies sans disposer des outils nécessaires pour transformer ce travail informel en activité commerciale viable.
Au début de l’année 2026, près de 200 vendeurs et vendeuses de poisson ont franchi le pas grâce à un programme intensif de formation couvrant la gestion de petites entreprises, les techniques de vente, ainsi que les normes d’hygiène et de conservation des produits. Venant compléter leur longue expérience pratique, le projet les a formés à prendre des décisions économiques plus éclairées.
Alors qu’ils travaillaient auparavant dans des conditions précaires et peinaient à conserver le poisson suffisamment longtemps pour qu’il arrive aux acheteurs, ils sont désormais prêts à diriger de petites entreprises appelées à croître et capables d’accéder à des marchés organisés. Les vendeurs et vendeuses locaux ne se considèrent plus comme de simples petits commerçants, mais comme des entrepreneurs construisant un avenir plus prospère.
Ces vendeurs et vendeuses comptent parmi les plus de 23 000 participants ayant bénéficié des activités du projet I-BE depuis son lancement. Ce chiffre est appelé à presque quintupler d’ici 2028. Alors qu’Haïti continue de faire face à l’incertitude économique, aux chocs climatiques et à l’insécurité, le projet démontre comment l’économie bleue peut jeter les bases de communautés côtières plus résilientes.
Cette histoire a été initialement publiée par le FIDA. Veuillez consulter le site web de l’équipe des Nations Unies en Haïti pour plus d’informations sur le travail des Nations Unies dans le pays.