Donald Trump félicite la Grèce pour son opposition à l’accord sur la neutralité carbone dans le transport maritime

 

Le président américain a salué mercredi 18 février la position d’Athènes, qui s’est alignée sur Washington en s’opposant à une directive de l’Organisation maritime internationale (OMI) sur les carburants propres dans le transport maritime — un dossier politiquement sensible qui avait déjà suscité des tensions à Bruxelles l’an dernier.

« Les relations entre les États-Unis et la Grèce sont plus solides que jamais », a affirmé Donald Trump dans une lettre adressée au nouvel ambassadeur grec à Washington, soulignant les progrès réalisés par Athènes dans plusieurs domaines, notamment la défense.

« Nous apprécions le courage dont a fait preuve la Grèce en s’abstenant lors du vote de l’OMI sur l’adoption du cadre zéro net », a-t-il ajouté.

Sur le plan énergétique, le président américain s’est félicité de l’abstention grecque lors du vote d’octobre dernier portant sur les futures règles mondiales encadrant les carburants du transport maritime. Ce « cadre zéro net » vise à orienter le secteur vers des solutions moins polluantes.

Lors de cette réunion, Washington avait menacé de sanctionner tout pays ou responsable ayant voté en faveur de l’accord, qui aurait favorisé l’hydrogène et les carburants de synthèse comme alternative aux carburants polluants, au détriment du gaz naturel.

La grande majorité des États membres de l’UE, de même que la Chine, ont soutenu cet accord. Les Américains ont toutefois imposé le report du vote d’un an, avec le soutien effectif de la Grèce et de Chypre qui se sont abstenues, tandis que tous les autres Etats de l’UE se sont opposés à cette décision.

Les médias grecs rapportent que la position d’Athènes a été vue à Washington comme un signe de cohérence et de fiabilité.

Le vote définitif sur l’accord provisoire étant désormais repoussé à l’automne, le directeur de l’OMI a déclaré récemment à Bruxelles que l’UE devrait adopter une approche plus pragmatique afin de rallier les États-Unis.

À Bruxelles, cependant, les partisans du Pacte vert pour l’Europe (Green Deal) au sein de la DG énergie de la Commission européenne s’opposent à la nouvelle politique officielle de renégociation de l’accord dans le but de parvenir à un compromis avec les Américains.

Exploration gazière

Par ailleurs, le ministre grec de l’Énergie, Stavros Papastavrou, a indiqué mercredi à Skai TV que si les réserves de gaz en Méditerranée s’avéraient exploitables commercialement, les besoins énergétiques du pays pourraient être satisfaits pour les 30 à 40 prochaines années.

« Cela pourrait constituer une source considérable de recettes publiques qui permettrait de financer la politique sociale du pays », a expliqué le ministre.

Le géant américain de l’énergie Chevron a signé lundi 16 février des accords de concession exclusifs avec la Grèce pour explorer les ressources en hydrocarbures dans quatre blocs offshore autour du Péloponnèse et de l’île de Crète.

Plus tôt ce mois-ci, nous rapportions que l’administration Trump manifestait un intérêt croissant pour la Méditerranée orientale, Chevron et ExxonMobil ayant déjà conclu des accords avec tous les principaux acteurs régionaux : la Grèce, la Turquie, Chypre et la Libye

Source : Euractiv