Emmanuelle et Ghislain Bardout s’apprêtent dès mercredi à plonger dans les profondeurs de l’océan Austral afin de mieux connaître cette nature sous-marine pour la protéger du réchauffement climatique et des autres activités humaines.
Explorer les profondeurs de l’océan Austral en Antarctique, à la recherche de la faune et flore sous-marine développées dans ces eaux glacées, tel est le programme de la nouvelle expédition française Under the Pole qui débute mercredi 3 décembre. Ces plongées scientifiques seront effectuées pendant trois mois pour découvrir et mieux préserver ces écosystèmes marins, cachés dans le grand Sud.
Dans ces régions polaires où air et eau frôlent le zéro degré, le défi physique est de taille. « Je pèse à peu près 52 kilos et là, au moment de me mettre à l’eau, je vais faire à peu près 100 kilos », décrit Emmanuelle Bardout, cofondatrice d’Under the Pole. L’autre cofondateur de l’expédition, Ghislain Bardout, souligne à son tour le danger de ces « plongées difficiles, rares, extrêmement intenses ». Surtout lorsque ces immersions vont jusqu’à plusieurs dizaines de mètres sous la surface.
Mais Emmanuelle et Ghislain Bardout n’ont rien de plongeurs classiques. Ils sont parmi les rares à être capables de mener ce type d’expéditions sous-marines qui se déroulent entre 30 et 200 mètres de profondeur, dans ce qu’on appelle la « zone mésophotique », lieu méconnu abritant de véritables forêts animales.
« On y trouve des coraux, des gorgones, des coraux noirs, des éponges, des anémones. Et un peu comme ‘combien d’arbres il faut pour faire une forêt sur terre’, on va se poser la même question sous l’eau », détaille Emmanuelle Bardout. Avant de préciser qu’ils vont y répondre « en posant des instruments qui vont voir comment le courant est modifié à l’intérieur de la forêt, ce qu’on appelle l’effet canopée et qui va avoir un effet protecteur pour toute la biodiversité qui va s’y réfugier ».
Une vingtaine de scientifiques participent à cette mission le long des côtes nord de l’Antarctique. L’objectif final est d’obtenir la protection de ces forêts sous-marines, soumises à la pression du changement climatique et d’activités économiques comme la pêche.
Source : France info