Des milliers de nids ont été découverts par hasard sous la glace en Antarctique
12 décembre 2025
12 décembre 2025
Une découverte inattendue a été faite dans les profondeurs glacées de l’Antarctique : des milliers de nids de poissons creusés dans le fond de la mer de Weddell. Lors d’une mission de recherche, ce spectacle naturel a surpris les scientifiques et pourrait changer notre vision des écosystèmes marins de cette zone reculée.
La mer de Weddell, au bout du monde, était jusqu’à récemment recouverte d’une épaisse barrière de glace. En 2017, quand l’iceberg A68 s’est détaché de la plateforme de Larsen C, il a libéré une zone de 5 800 km², ouvrant des zones sous-marines jusque-là inaccessibles. Cette percée a permis à la Weddell Sea Expedition 2019 de déployer son robot sous-marin télécommandé, Lassie, dont l’objectif initial était de retrouver l’épave de l’Endurance, le navire d’Ernest Shackleton disparu en 1915.
Même si la mission cherchait surtout l’Endurance, Science et Vie confirme que les équipes sont tombées sur un écosystème marin intact, peuplé de « Lindbergichthys nudifrons » (petits poissons de roche). Ces poissons, qui supportent des températures extrêmes, avaient creusé plus d’un millier de dépressions circulaires dans les sédiments du fond marin, formant des nids organisés de façon étonnamment précise et systématique.
Les chercheurs ont repéré six types différents de nids, avec des géométries variées : nids isolés, groupes serrés, configurations en croissant ou en lignes. Chaque parent creuse, nettoie et garde son nid pour protéger les œufs contre les prédateurs. La disposition géométrique régulière laisse penser que ces nids résultent d’interactions biologiques complexes, déjà observées chez des écosystèmes cachés mais jamais documentées à une telle échelle dans les eaux glaciales de l’Antarctique.
Découvrir un écosystème marin aussi fragile soulève des questions importantes pour la conservation, notamment en ce qui concerne les vallées sous-marines de la région. Le site pourrait remplir les critères pour être classé comme aire marine protégée. Une telle protection aiderait à préserver l’équilibre délicat entre la glace, le plancton et les fonds marins, qui sont des maillons clés de la chaîne alimentaire antarctique. Les images de la Weddell Sea Expedition 2019 constituent un argument solide pour cette démarche et mettent en évidence la nécessité de protéger ces eaux des conséquences des activités humaines.