Dans l’océan, les baleines ne s’entendent plus chanter

 
Pêche, transports, sports aquatiques, exercices militaires… A travers « Le Chant perdu des baleines », une enquête extrêmement fouillée, Laurence Paoli nous fait découvrir comment la faune subit les bruits incessants des humains.

Une mise en immersion qui relate l’émergence de la bioacoustique sous-marine, et ses découvertes scientifiques majeures des dernières décennies. Celle du sofar, par exemple, acronyme de sound fixing and ranging channel. Ce canal est situé à 150 mètres de profondeur, entre deux couches d’eau, où l’augmentation de la pression « piège » les ondes sonores et les diffuse extraordinairement loin – ce qui permet aux baleines de communiquer sur des milliers de kilomètres.

Dans ce registre scientifique, l’autrice détaille les façons qu’ont les cétacés d’émettre et d’entendre des sons à des fréquences qui échappent largement à l’homme, et de s’en servir « pour se nourrir, repousser des prédateurs, trouver un partenaire, s’orienter et communiquer », notamment par l’écholocalisation. Celle-ci leur permet de trouver leur nourriture, en utilisant l’écho que renvoie leur cible, tout en créant une carte mentale de l’océan.

 

Sonars et prospection sismique

 

Ce sont ces capacités qui sont attaquées de façon létale par les activités humaines : au premier rang desquelles les sonars basse fréquence des marines militaires. Alors que la marine américaine étend son système de surveillance de sonar aux trois quarts de l’océan mondial, Laurence Paoli en souligne les conséquences : les baleines affolées arrêtent de vocaliser, dévient de leur route migratoire, se regroupent pour « échanger visuellement, puisqu’elles.

Source : Le Monde