Coup d’accélérateur sur la connaissance océanographique : près de 30 % des fonds marins sont désormais cartographiés

Le projet de cartographie des océans Seabed2030, né dans un contexte d’évolutions technologiques, a donné un coup de boost au développement des connaissances sous-marines. En avril 2026, 28,7 % des fonds marins sont renseignés sur la carte bathymétrique générale des océans.

L’Organisation hydrographique internationale (OHI), réunie en assemblée triennale cette semaine à Monaco, a annoncé lundi 20 avril l’évolution des connaissances des fonds marins mondiaux, qui atteint les 28,7 % de couverture cartographique.

Depuis sa création en 1921, l’OHI coordonne l’acquisition des données hydrographiques mondiales qui porte aujourd’hui à 104 millions de km2 la surface renseignée sur la carte bathymétrique générale des océans (Gebco), dont les cinq derniers millions de km2 ont été ajoutés en un an seulement.

 

Une référence faisant autorité

 

La Gebco, programme conjoint de l’OHI et de la Commission océanographique intergouvernementale (COI) de l’Unesco, est la seule organisation mandatée pour cartographier l’intégralité des fonds marins.

Elle a lancé en 2017, en collaboration avec la Nippon-foundation, le projet Seabed2030 qui devait permettre l’accélération de cette acquisition de données, un enjeu clé pour la sécurité de la navigation, la recherche climatique, la préparation aux événements imprévus et la gestion durable de l’océan, a rappelé le secrétaire exécutif de l’OHI et ancien ministre norvégien de l’Environnement, Vidar Helgesen.

Pour le président de Gebco, Evert Flier, cette grille d’ensemble de données collaborative et mondiale rassemble des données bathymétriques provenant de sources très diverses afin d’en faire une référence cohérente et faisant autorité.

 

Évolutions technologiques

 

Parmi les premiers contributeurs, la Malaisie, le Maroc, la Papouasie-Nouvelle-Guinée et l’Arabie saoudite, avec des connaissances triplées de la zone ROMPE (golfe persique), et une progression notable dans l’Atlantique est, la mer du Nord, la mer Mésoaméricaine et la mer des Caraïbes, et l’océan Indien nord.

La technique de la bathymétrie satellitaire (calcul de la profondeur en zone côtière ou peu profonde) a notamment été employée par certaines des 220 organisations ayant participé au projet Seabed2030, ainsi que des levées multifaisceaux, qui apportent des informations à 360 degrés sur la composition d’un milieu donné.

Dans cette grande période d’incertitude sur l’implication étasunienne dans les sciences, après des coupes budgétaires importantes, l’agence nationale des informations environnementales, branche de la Noaa, n’a pas levé le pied sur ses contributions et a permis d’avancer, même cette dernière année, sur l’étude des côtes de l’Alaska, entre autres.

Source : Le marin