Coopération entre l’Algérie et la BAD : L’économie bleue, une priorité pour la période 2025-2030

 

Au-delà de la promotion des infrastructures de base en soutien au développement économique et à l’intégration régionale, la Banque africaine développement (BAD) a inscrit comme domaine prioritaire pour la période 2025-2030 l’appui à l’Algérie pour l’accélération de la transformation structurelle de l’économie.

Et ce, à travers la mise en œuvre de réformes économiques et la création de chaînes de valeur agro-industrielles. Dans ce dernier volet figure le développement de l’économie bleue pour permettre au pays de tirer profit de ses richesses. Les chaînes de valeur agro-industrielles incluent en effet le secteur de la pêche. Mais aussi la lutte contre les effets du changement climatique, sachant que l’accentuation du phénomène conjuguée à la surpêche pèse lourd sur les revenus du secteur.
Pas uniquement en Algérie, mais dans tous les pays de l’Afrique du Nord qui bordent la Méditerranée où les ressources de l’économie bleue représentent un total de 47 milliards de dollars, selon la BAD, tel que souligné en décembre par les représentants du département des changements climatiques et de l’économie verte de la Banque lors d’un atelier organisé à Tunis sur la gestion des ressources marines en Méditerranée par l’association Africa 21. Avec la multiplication des extrêmes climatiques et l’accentuation de la surpêche dans la région, les zones marines sont gravement menacées, et les ressources risquent de chuter de plus en plus.
D’où l’urgence de coordonner les actions, de développer la coopération régionale et d’augmenter les financements en faveur de l’économie bleue et de la lutte contre les changements climatiques. D’ailleurs, à l’issue de la 4e Conférence internationale sur le financement du développement, tenue à Séville l’été dernier, un appel a été lancé pour tripler les financements des banques multilatérales de développement d’ici 2035 au profit de la transition écologique et des Objectifs de développement durable.

«Financement climatique»

Et ce, d’autant que l’aide publique au développement a baissé de 9% en 2024 puis de 17% en 2025. Cette aide pourrait encore chuter. Ce qui augmenterait le déficit de financement durable mondial estimé actuellement à 4000 milliards de dollars, alors que le déficit pour la transformation structurelle est de 412 milliards de dollars, selon la BAD. En Afrique du Nord, il est de près de 105 milliards de dollars. «La Banque a un engagement fort pour le financement climatique avec 40% du financement total alloué au climat», ont rappelé les experts de la BAD. Pour la période 2020-2025, la BAD s’était fixé comme objectif de mobiliser 25 milliards de dollars pour l’Afrique du Nord (dont 19,5 milliards atteints en 2024).
Mais les investissements privés liés à l’économie bleue restent insuffisants dans l’économie bleue. Ce qui souligne la nécessité, selon la BAD, d’accélérer la transformation structurelle du secteur maritime et d’assurer une gestion intégrée des ressources côtières.
Dans ce sillage, l’Algérie qui a obtenu entre 2010 et 2024 un financement total de la BAD de près de 620 millions de dollars a bénéficié, en 2020, d’un appui au profit du plan national d’investissement en économie bleue. D’autres actions sont attendues conformément au programme arrêté pour la période 2025-2030.

Source : El Watan