Consultation provinciale pour classifier les zones côtières aquacoles

 
Le gouvernement de la Nouvelle-Écosse est en train d’élaborer un système cartographique de classification des zones côtières aquacoles. Cette classification a pour objectif de déterminer le potentiel de développement aquacole des eaux côtières.
 
Une consultation publique est en cours jusqu’au 15 mars. Faites part de vos commentaires pour aider à façonner le développement du système de classification côtière de l’aquaculture.

Cette consultation concerne les quatre principales espèces pour la province : le saumon d’Atlantique, la truite arc-en-ciel, la moule bleue et l’huitre américaine.

 

Le projet

 

La cartographie finale définira les zones susceptibles d’accueillir différents types d’ aquaculture. L’étude sera basée sur l’état de santé des poissons, la protection de l’environnement et la prise en compte des autres utilisateurs de l’espace marin.

Cette carte interactive identifiera les zones où l’aquaculture sera interdite, comme les zones règlementées. Elle indiquera également les zones d’ancrage, la profondeur et la température de l’eau.

 

Les bénéfices

 

Selon le gouvernement provincial, la production aquacole est l’une des plus rapides au monde pour obtenir un produit prêt à consommer. Sur le site du gouvernement, il est écrit qu’en 2023, l’industrie de l’aquaculture employait près de 800 personnes et génèrerait environ 120 millions de dollars chaque année dans l’économie provinciale.

L’aquaculture peut combler un vide par rapport à une baisse de stock naturel de poissons à l’échelle mondiale.

Un exemple de parc aquacole en pleine terre avec filtration des eaux. 

PHOTO : Ariane Gleize

Les problématiques

Malgré ces bénéfices, il faut être bien conscient que, lorsqu’il s’agit de fermes industrielles, il y a des incidences environnementales importantes.

Dans les fermes aquacoles à filets ouverts, les espèces sont sélectionnées pour leur croissance rapide. Des milliers de poissons sont confinés dans des espaces étroits et peuvent à peine nager. Ils s’affaiblissent physiquement et deviennent sujets aux parasites et aux maladies.

Dans le milieu naturel, ce sont de grands migrateurs!

Lorsque les espèces sauvages de saumons et de truites de mer passent à proximité de ces enclos, elles peuvent être contaminées par leurs maladies, comme le pou de mer. Ce stress biophysique diminue leur espérance de vie.

De plus, quand les enclos sont endommagés, certains poissons d’élevage s’échappent. Mais ces poissons ont perdu la faculté de survivre dans un milieu naturel. Ils peuvent se croiser avec des espèces sauvages et nuire à leur population. Le croisement génère des espèces moins résilientes aux changements climatiques et à leur environnement et moins reproductrices.

Selon la Atlantic Salmon Federation, à Terre-Neuve-et-Labrador, «la salmoniculture est une entreprise en difficulté», «la production de saumon d’élevage a culminé en 2016 et a diminué depuis. Dans le même temps, les épidémies graves ont augmenté et les taux de mortalité ont grimpé de plus de 40 pour cent. Dans le même temps, les entreprises ont laissé des criques et des plages remplies de déchets industriels – plastique cassé, polystyrène, filet, même des bateaux abandonnés.» Ce constat laisse perplexe.

L’ostréiculture industrielle n’est pas non plus sans conséquences. Les huitres d’élevage peuvent être stériles pour une commercialisation à l’année, elles peuvent aussi être en contact avec des pesticides et des médicaments.

Toutes ces activités industrielles peuvent avoir un impact sur la pêche traditionnelle et récréative. Elles peuvent gêner également la navigation de plaisance et les activités sportives.

Comme toujours, c’est la surexploitation et l’industrialisation qui posent problème. En Colombie-Britannique et dans d’autres endroits du monde, ils font machine arrière. C’est à la population de se mobiliser pour que le problème ne vienne pas en Nouvelle-Écosse ou ailleurs dans le monde. Les couts financiers pour essayer de restaurer les écosystèmes sont énormes par la suite.

Les pêches traditionnelles et familiales doivent continuer de fournir une consommation locale.

Solutions alternatives possibles

Voici quelques idées à soumettre dans la consultation du gouvernement. Vous pouvez aussi écrire ce qui vous tient à cœur pour préserver les eaux de la Nouvelle-Écosse.

L’aquaculture terrestre est possible et existe en Nouvelle-Écosse. Dans ce type d’installation, les poissons sont élevés en bassins fermés. Les eaux sont traitées avant d’être jetées dans l’environnement ou recyclées dans le cas d’une aquaculture durable. En fin de compte, cela ne pose plus de risques pour les poissons sauvages ou les écosystèmes côtiers.

Ce type d’aquaculture n’entraine pas de perte de zone de pêche, pas de dommages environnementaux sur la faune et la flore locale et elle est une solution pour maintenir des emplois.

La petite ostréiculture familiale est vitale à l’économie locale. Comme les huîtres ont un rôle majeur dans la filtration des polluants de l’eau, il est donc impératif de garder une eau de bonne qualité.

Protéger nos eaux côtières peut s’associer à la création d’emploi innovant.

Faites part de vos commentaires sur le site Commencez maintenant pour promouvoir des pratiques soutenables et la pêche familiale, et non pas pour des multinationales qui ne cherchent que le profit.

Source : le courrier