Concombres de mer : les scientifiques ont observé des “zones de concentration” dans l’espace de pêche de Saint-Pierre-et-Miquelon

 

Pour se nourrir, l’une des techniques des concombres de mer est d’aspirer le sable et les sédiments des fonds marins, qu’ils rejettent nettoyés de leurs déchets organiques, qu’ils ont absorbés. Ils contribuent ainsi à l’oxygénation et à la bonne santé des océans. D’où les quotas de pêche.

 

Une espèce fragile

 

On sait que cette espèce est très sensible à l’exploitation. Au bout de dix, vingt ans, des stocks surexploités ont disparu dans la zone arctique”, rappelle Laurent Dubroca, chercheur à l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer), responsable du laboratoire halieutique de Port-en-Bessin, qui travaille avec Saint-Pierre-et-Miquelon. En 2025, il a directement participé à la mission d’évaluation des stocks dans la zone de pêche de l’archipel.

Des campagnes d’évaluation, l’Ifremer en mène depuis 2021 sur le territoire, financées dans le cadre du plan de pêche de l’Etat. Principal objectif : déterminer quelles quantités peuvent être pêchées sans mettre en danger la pérennité du stock. En d’autres termes, le quota qui sera fixé par arrêté préfectoral.

 

Des vidéos qui pourront aussi apporter des connaissances sur la coquille

 

En 2025, la technique d’évaluation a changé. Plutôt que des chaluts, avec lesquels les holothuries sont ramenées à bord avant d’être comptées, ce sont des caméras qui ont été utilisées. Accrochées à une drague, traînées sur 500 ou 600 mètres, elles permettent d’explorer la répartition spatiale de ces animaux si particuliers.

Est-ce qu’ils sont dispersés, agrégés, est-ce qu’il y a une loi, est-ce qu’ils se distribuent au hasard ? Est-ce qu’il y a un lien avec la typologie des sédiments ? Quel lien avec l’exploitation ?” Autant de questions sur lesquelles les scientifiques ont commencé à se pencher à partir des vidéos.

 

Des concentrations pour l’instant inexpliquées

 

Ils ont notamment observé “des zones de concentration plus fortes” à certains endroits. Sans pouvoir établir de rapport avec les types de sédiments pour le moment. À terme, ils espèrent pouvoir créer des modèles de dynamiques de population et fournir des évaluations plus fines.

 

Un sujet du Congrès des sciences 2026

 

Une première publication scientifique est prévue d’ici l’été, avant un décryptage plus grand public au Congrès des sciences aquatiques de Saint-Pierre-et-Miquelon, en septembre/octobre 2026, où une spécialiste mondiale du concombre de mer est attendue.

Après une année blanche faute d’accord avec le Canada et de possibilités de transformation ici, la campagne de pêche aux concombres de mer aura peut-être alors démarré.

Même si elle ne reprenait pas, “il est important de continuer ces travaux-là”, souligne Laurent Dubroca. Pour plusieurs raisons. “Actuellement, on manque de connaissances sur le concombre de mer.” La vidéo “donne par ailleurs une vision sur d’autres espèces de la zone, les pétoncles par exemple.” Des données qui un jour pourraient elles aussi être exploitées.

Des moyens ont en tout cas été alloués par l’Etat pour poursuivre les évaluations jusqu’en 2030. Celle de 2026 n’a pas encore pu avoir lieu, le nouveau marché public n’est pas finalisé.

Source : France info