Comment le tourisme régénératif permet-il de profiter de ses vacances tout en réparant la planète ?
14 mars 2025
14 mars 2025
Vous avez sûrement déjà entendu parler d’écotourisme, de tourisme durable ou encore de slow tourisme. Mais avez-vous déjà envisagé de voyager pour réparer la planète ? Telle est l’ambition du tourisme régénératif, une nouvelle approche qui commence à s’imposer en France.
Voyager pour améliorer l’environnement
Le principe du tourisme régénératif est simple : ne pas seulement limiter son impact, mais laisser votre lieu de vacances dans un meilleur état qu’à votre arrivée. Cette approche va bien au-delà du tourisme durable. Il ne s’agit plus de compenser nos émissions carbone, ou de laisser un endroit dans l’état dans lequel on l’a trouvé, mais de revitaliser les écosystèmes et les communautés locales.
Déjà adopté en Nouvelle-Zélande, au Canada ou en Finlande, le tourisme régénératif repose sur des initiatives concrètes qui visent à s’éloigner de cette forme de tourisme consumériste, comme l’expliquait Ouest-France en 2023 : plantation d’arbres, préservation de la biodiversité, implication des visiteurs dans la vie locale… Certains hôtels, comme le Fogo Island Inn, au Canada, reversent même une grande partie de leurs revenus aux communautés locales, détaille Le Figaro.
La France s’y met doucement
Jusqu’ici, le tourisme régénératif était peu développé en France, mais cela commence à changer. Quatre territoires pilotes vont être sélectionnés dans le cadre du programme Destination Regen, doté d’un budget de 177 000 €, qui accompagne des acteurs du tourisme dans cette transition. L’appel à candidatures a été diffusé fin février 2025. L’objectif : expérimenter des modèles économiques qui profitent réellement à l’environnement et aux habitants, explique le site spécialisé Tameteo.com. Dans le Grand Est, l’office de tourisme du Grand Reims réfléchit à impliquer les professionnels du secteur dans une démarche régénérative. Des questions se posent : comment inciter les visiteurs à participer à des actions concrètes ? Peut-on imaginer une taxe dédiée à la préservation des sites naturels, comme en Nouvelle-Zélande, qui a triplé sa taxe touristique ?
Un tourisme plus vertueux
Ce nouveau modèle attire aussi les hôteliers. La plateforme Regenerative Travel recense déjà plusieurs établissements engagés, et certains professionnels français veulent suivre cet exemple. L’idée serait de proposer des séjours intégrés aux écosystèmes locaux, en travaillant avec des agriculteurs, des artisans et des associations.
Par exemple, le Français Thierry Teyssier a fondé le concept d’hôtellerie itinérante 700’000 heures, avec Diane Binder, directrice de Regenopolis. Cette structure met en place des projets fondés sur quatre piliers : le développement économique local, l’autonomisation des femmes, la préservation du patrimoine culturel et la restauration des écosystèmes fragiles. Leur objectif est de clarifier la notion de régénération à travers des critères précis, détaille Le Figaro.
Peut-on réparer partout ?
Si l’engouement reste encore modéré en France, les attentes des voyageurs évoluent. De plus en plus de touristes veulent avoir un impact positif sur leur destination. Mais attention au greenwashing.
Peut-on vraiment faire du tourisme régénératif partout ? L’experte en économie circulaire, Pauline Sheldon explique dans le journal Le Devoir que c’est une forme de tourisme qui nécessite « un changement fondamental dans notre façon de voir le monde » et que c’est « un engagement envers le tourisme en tant qu’outil pour créer des communautés d’accueil prospères et pour régénérer et soigner les ressources abîmées ». Cette dernière rajoute également qu’il s’agit d’un « changement philosophique » qui privilégie la collaboration, la communauté locale ainsi que le bien-être.