COALITION « OCEAN PIONEERS » : 15 PAYS RÉUNIS À LISBONNE POUR S’ALIGNER SUR LA DIPLOMATIE OCÉANIQUE
13 février 2026
13 février 2026
Lisbonne a accueilli la première réunion de travail de la coalition internationale Ocean Pioneers, rassemblant États membres et observateurs autour d’un objectif commun : renforcer la gouvernance de l’océan par des engagements politiques concrets. Organisée avec le soutien de l’Ambassade de France au Portugal, cette rencontre marque une étape dans la structuration d’une diplomatie océanique coordonnée, à la croisée des enjeux climatiques, environnementaux et géopolitiques.
Lancée en septembre 2025 lors de l’Assemblée générale des Nations unies, dans le prolongement de la Conférence des Nations unies sur l’océan (UNOC3) à Nice, la coalition se positionne comme un espace d’alignement politique entre pays engagés en faveur de la protection des hautes mers. Dix-sept membres et observateurs ont pris part à cette première session de travail, illustrant la montée en puissance d’une coopération internationale centrée sur l’action.
La gouvernance du groupe s’articule autour d’une troïka volontaire — France, Panama et Tuvalu — chargée de faciliter la coordination diplomatique et le dialogue entre les participants. Un secrétariat en cours de formation, soutenu par la fondation Oceano Azul à Lisbonne, doit accompagner cette dynamique en assurant un appui opérationnel aux États.
Les discussions ont débouché sur trois priorités inscrites dans la Déclaration de Lisbonne : accélérer la mise en œuvre de l’Accord sur la biodiversité marine au-delà des juridictions nationales (BBNJ) en vue de sa première conférence des parties, renforcer l’articulation entre océans, climat et biodiversité, et affirmer le principe de précaution dans les délibérations relatives à l’exploitation minière en haute mer au sein de l’Autorité internationale des fonds marins.
Les travaux ont été enrichis par l’expertise de grandes plateformes internationales représentant des coalitions d’organisations non gouvernementales actives sur la gouvernance des hautes mers, la protection des écosystèmes marins et les interactions entre océan et climat. Cette participation a contribué à ancrer les échanges dans les réalités scientifiques et opérationnelles.
La réunion s’est également distinguée par une forte présence politique. Sept ministres ont pris part aux discussions, parmi lesquels des représentants français, portugais, espagnols, latino-américains et du Pacifique. Plusieurs interventions ont insisté sur la dimension culturelle et sociétale de l’engagement océanique, soulignant que la mobilisation publique constitue un levier essentiel de transformation.
La prochaine échéance diplomatique est attendue à New York, fin mars, lors de la réunion de la Commission préparatoire du traité BBNJ. Les membres de la coalition espèrent élargir la participation, notamment aux pays européens et africains, autour de deux critères structurants : la ratification de l’accord BBNJ accompagnée d’une ambition de mise en œuvre, et le soutien à une pause de précaution concernant l’exploitation minière en haute mer.
Au-delà des déclarations, la coalition Ocean Pioneers entend s’imposer comme un laboratoire diplomatique de l’action océanique. L’esprit de responsabilité partagée évoqué par le ministre de Tuvalu — une énergie collective tournée vers la préservation des biens communs — résume l’ambition affichée : transformer l’élan politique en résultats durables pour l’océan.