Bruxelles : un pas vers une gouvernance océanique renforcée avec le projet de « European Ocean Act »

Le 5 mars à Bruxelles, l’événement « Toward a Transformative European Ocean Act », organisé par la Fondation Europe Jacques Delors et la Fondation Oceana Azul, a rassemblé des acteurs clés de la gouvernance maritime. L’objectif était de souligner l’urgence de renforcer la protection et la gestion des océans face aux menaces croissantes.

Dès l’ouverture, Geneviève Pons, Directrice générale et Présidente de Europe Jacques Delors a introduit les débats, en présence de Tiago Pitta de Canu, CEO de la Fondation Ocean Azul, rappelant que le projet de « European Ocean Act » s’inscrit dans une démarche de longue date visant à établir un cadre stratégique ambitieux pour l’océan européen. Pascal Lamy, vice-président de la Fondation Europe Jacques Delors, a insisté sur l’importance de soutenir le manifeste « Building an Ocean Union » pour faire avancer cette vision commune.

Les intervenants ont souligné que pour être efficace, un « Ocean Act » doit permettre de coordonner intelligemment les politiques maritimes, simplifier la législation et positionner l’Europe en leader mondial de la gouvernance océanique responsable. Le commissaire Costas Kadis a exprimé sa fierté d’avoir participé à la création du European Ocean Pact, un cadre global pour toutes les politiques liées à l’océan. Il a rappelé que, malgré les défis géopolitiques croissants et les pressions sur la souveraineté, l’océan reste un atout stratégique essentiel pour la sécurité, la défense, la croissance économique et la durabilité environnementale de l’Union européenne.

Il a également souligné les avancées, comme l’adoption de la stratégie de résilience marine, la lutte contre la pêche illégale via un système numérique et la mise en œuvre d’initiatives pour la gouvernance maritime, la biodiversité et le développement durable. Selon lui, il faut poursuivre ces efforts en renforçant la gouvernance, en simplifiant la législation et en garantissant un financement adéquat. La future « Ocean Act » doit représenter une étape clé pour faire de l’Europe un leader mondial en matière de gouvernance océanique responsable.

Maria Damanaki a insisté sur l’urgence de transformer en profondeur la gouvernance océanique pour préserver la santé des écosystèmes marins, évoquant notamment l’objectif « thirty by thirty » pour un océan durable. Karmenu Vella a rappelé que la protection des océans doit demeurer une priorité stratégique face aux enjeux géopolitiques et environnementaux, estimant que cette initiative représente une opportunité historique de transformer une gouvernance fragmentée en une politique cohérente et ambitieuse. Enfin, Monica Verbeek, Directrice executive de Seas at Risk, a souligné l’importance de mobiliser au moins 7 milliards d’euros pour assurer une gestion durable des zones marines, garantir la transparence et promouvoir une utilisation responsable des fonds européens.

Dans sa synthèse, Tiago Pitta de Canu a présenté l’« Ocean Act » comme un levier essentiel pour améliorer la gouvernance, la gestion et l’impact des politiques océaniques. Parmi les secteurs clés identifiés figuraient : les énergies renouvelables offshore, le transport maritime propre, les câbles sous-marins, l’aquaculture innovante, les biotechnologies, les algues, les crédits carbone liés à la biodiversité, ainsi que la sécurité des communications et de l’approvisionnement énergétique.

Enfin, il a conclu en affirmant que le « European Ocean Act » représente une véritable opportunité pour l’Union européenne : celle de fédérer ses efforts afin de libérer tout le potentiel de ses mers et de faire de l’Europe une puissance océanique.

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