Aux Antilles, la justice suspend des recherches sismiques de l’Ifremer pour protéger les baleines

 

L’institut de recherche français devait bientôt mener une campagne de recherches sismiques dans des aires marines protégées des Antilles. La justice a donné raison à des ONG de défense de l’environnement qui soulignaient l’impact néfaste de ces études pour la baleine à bosse et le cachalot, espèces protégées.

Le tribunal administratif de Fort-de-France, en Martinique, a suspendu en urgence mardi 4 mars une campagne de recherche sismique qui devait être menée dans des aires marines protégées des Antilles car elle est  susceptible de porter atteinte, de manière irréversible, aux espèces protégées de la baleine à bosse et du cachalot .

Ces études sismiques à l’initiative de l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer) devaient se dérouler entre mars et avril, notamment dans le sanctuaire Agoa, une aire marine protégée très fréquentée à cette époque de l’année par les cétacés qui viennent donner naissance à leurs petits, a rappelé le tribunal dans un communiqué.

 

Etude des mouvements tectoniques

 

Le préfet de la Martinique avait autorisé un navire de l’Ifremer à effectuer ces études au large des îles de Saint-Martin, de Saint-Barthélemy, de la Guadeloupe et de la Martinique afin d’étudier  les mouvements de la tectonique des plaques au niveau de plusieurs points de la zone de subduction (NDLR : enfoncement d’une plaque sous une autre) des petites Antilles , indique le communiqué.

Pour cela, les scientifiques prévoyaient de réaliser  plusieurs échantillonnages de roches, à l’aide de dragues chalutées sur les fonds marins  et d’établir  des profils sismiques, grâce à des relevés de mesures acoustiques .

Fin février, plusieurs associations de défense de l’environnement des Antilles avaient dénoncé dans un communiqué cette campagne, alertant sur ses méthodes  dangereuses  pour les mammifères marins et son  impact néfaste  sur l’écosystème. Ces associations avaient lancé une pétition en ligne, qui a recueilli plus de 3 400 signatures sur le site Change.org, et saisi le tribunal administratif d’un recours en urgence.

 

Basses fréquences des mammifères

 

La juge des référés a relevé que les appareils utilisés pour établir les profils sismiques  couvrent les basses fréquences utilisées par les mammifères marins et dépassent les seuils impactants . Ils sont donc  susceptibles de déclencher des réactions comportementales chez les cétacés, en particulier la rupture de la relation mère/enfant .

Ces appareils peuvent aussi engendrer  des lésions physiologiques au niveau de l’audition et d’autres organes, dont certaines peuvent s’avérer létales , a observé la magistrate.  La campagne de recherche sismique était de nature à générer des effets graves et irréversibles sur l’équilibre et la conservation des espèces protégées de cétacés  , a-t-elle conclu.

Source : Le Marin