Au Brésil, une autoroute construite à travers la forêt amazonienne pour la prochaine COP30 sur le climat
14 mars 2025
14 mars 2025
Des pelleteuses, des troncs d’arbres coupés empilés et une longue bande de terre mise à nu au milieu de l’Amazonie. Telle est la marque laissée par un projet d’autoroute en cours de construction à Belém, au Brésil, rapporte la BBC(Nouvelle fenêtre) mercredi 12 mars. Cette quatre voies, d’une longueur de plus de 13 km au cœur de la forêt tropicale, a pour but de « faciliter la circulation dans la ville » avant la COP30, la 30e édition de la Conférence des Nations unies sur le climat, où des dizaines de milliers de participants sont attendus, du 10 au 21 novembre prochain.
Interrogées par la BBC, les autorités régionales défendent la « durabilité » du projet, nommé « Avenue de la Liberté. Sur son site(Nouvelle fenêtre), l’Etat du Para, où se trouve Belem, évoque notamment « 34 passages pour la faune afin de garantir la sécurité des animaux qui vivent dans la zone » et des clôtures pour « protéger la végétation indigène, en maintenant la préservation de l’écosystème environnant et en empêchant les utilisateurs d’accéder aux régions bordant l’autoroute ». Et de défendre un projet « essentiel pour la modernisation du réseau routier de la région ».
Mais l’autoroute inquiète les riverains. « Tout a été détruit. Notre récolte a été réduite. Nous n’avons plus les revenus nécessaires pour subvenir aux besoins de notre famille », témoigne un habitant auprès de la BBC. Plusieurs personnes s’alarment des impacts du projet sur l’environnement, alors que les forêts sont un écosystème clé pour la biodiversité et la séquestration de carbone. La nouvelle a ainsi suscité l’étonnement d’un climatologue britannique sur Bluesky(Nouvelle fenêtre) ou d’une chercheuse allemande sur LinkedIn(Nouvelle fenêtre) alors que la « réduction des émissions de gaz à effet de serre » figure parmi les objectifs de la COP30.
La COP30, où les pays du monde entier mesureront l’ambition de leur action climatique au regard de l’accord de Paris signé dix ans plus tôt, doit d’ailleurs mettre un coup de projecteur sur l’Amazonie. Cette gigantesque région naturelle à l’écosystème crucial pour la régulation du climat mondial est en danger. La surface végétale détruite par des incendies au Brésil a ainsi augmenté de 79% en 2024 à 30,8 millions d’hectares, soit plus que la superficie de l’Italie, selon la plateforme de surveillance MapBiomas. Et l’Amazonie paye déjà un lourd tribut, avec 17,9 millions d’hectares ravagés, soit 58% du total.
Depuis le XIXe siècle, la température moyenne de la Terre s’est réchauffée de 1,1°C. Les scientifiques ont établi avec certitude que cette hausse est due aux activités humaines, consommatrices d’énergies fossiles (charbon, pétrole et gaz). Ce réchauffement, inédit par sa rapidité, menace l’avenir de nos sociétés et la biodiversité. Mais des solutions – énergies renouvelables, sobriété, diminution de la consommation de viande – existent. Découvrez nos réponses à vos questions sur la crise climatique.