Alors que les déchets s’accumulent au fond des mers, l’Europe prépare une armée de robots nettoyeurs

Hors de vue, les fonds océaniques concentrent la majorité des détritus marins. Pour retirer ces déchets au fond des mers, l’Europe mobilise une flotte autonome composée de drones et robots.

 

Aux Pays-Bas, l’université de technologie de Delft pilote SeaClear2.0. Ce programme européen entraîne plusieurs machines afin qu’elles nettoient le plancher océanique et retirent ses déchets, comme l’a présenté la Commission européenne fin avril 2026 via son portail CORDIS. Aujourd’hui, l’essentiel du nettoyage concerne ce qui flotte, même si le plastique finit majoritairement sous l’eau. Toujours perfectible, cette solution cherche donc ces détritus immergés. Or, confier cette récupération aux plongeurs coûte cher et met leur vie en danger.

Une flotte automatisée remonte les déchets au fond des mers

SeaCAT prend d’abord leur place. Sans équipage, ce bateau fait office de poste central. Relié par câble au SeaCAT, SeaHawk inspecte ce secteur depuis les airs. Il repère certaines accumulations. Mini Tortuga intervient ensuite sous l’eau. Il cartographie directement ce relief. « Tortuga » signifie « tortue » en espagnol. Particulièrement maniable, ce petit appareil distingue individuellement chaque objet avant sa récupération.

Cette récupération fait alors appel au grappin mécanique. Malgré ce milieu sous-marin difficile, il saisit différentes pièces aux tailles et poids fortement variables. Leurs filets permettent aux SeaBees d’atteindre certains passages exigus. Après cette collecte, SeaDragon, second bateau intégré dans cette flotte, ramène son chargement jusqu’au rivage.

 

À Marseille, ces essais ont notamment permis de remonter plusieurs pneus

 

Cette flotte a connu ses premiers tests en situation réelle dans une marina marseillaise, avant une nouvelle campagne allemande. Bart De Schutter, professeur à Delft, a notamment sorti avec son équipe plusieurs pneus, du grillage métallique ainsi que différents morceaux de bateaux. Néanmoins, d’après ce chercheur, cette grue installée sur ce bâtiment en surface pourrait même hisser des éléments d’un poids supérieur.

Son cahier des charges fixe cependant des objectifs plus élevés pour la suite du projet. À terme, ces appareils devront pouvoir atteindre 100 mètres sous l’eau et lever jusqu’à 250 kilogrammes. Dans tout secteur traité, SeaClear2.0 ambitionne aussi d’enlever au minimum 57 % des détritus recensés.

L’enjeu est immense puisque plus de 90 % des débris marins terminent leur course sur ce plancher océanique. Annuellement, ces eaux européennes reçoivent jusqu’à 600 000 tonnes de plastique. La Méditerranée supporte cependant l’essentiel. Ses littoraux densément peuplés, auxquels s’ajoute son tourisme intense, expliquent cette concentration. Voilà pourquoi ses villes côtières accueillent majoritairement ces sites pilotes.

 
 

SeaClear2.0 arrive au bout de quatre années d’expérimentations

 

Parmi ces sites pilotes, Marseille a été suivie par Larnaca, à Chypre, durant novembre 2025. Venise a pris le relais en mai 2026. En juin, Dubrovnik a proposé une démonstration qui clôturait l’atelier où se retrouvaient une vingtaine d’acteurs locaux. Ceux-ci réclamaient notamment davantage de fontaines publiques. Ils souhaitaient également accéder plus facilement aux endroits où rapporter ces emballages consignés.

L’ultime présentation restait prévue à Tarragone, en Espagne, avant que SeaClear2.0 s’achève fin 2026. Au printemps, Yves Chardard, patron de Subsea Tech, entreprise française, reconnaissait toutefois des performances toujours inférieures aux attentes. Ce consortium dispose actuellement d’un budget total de 9 millions d’euros. L’Union européenne apporte presque 8 millions d’euros. Il lui faudra ensuite convaincre certains investisseurs.

Source : SV