A Fakarava, l’agonie des coraux face à la menace d’un Super El Niño en 2026
29 avril 2026
29 avril 2026
Le développement d’un épisode El Niño est « de plus en plus probable » à partir de la mi-2026, avec des incidences sur les températures et précipitations à l’échelle mondiale, a annoncé vendredi l’Organisation météorologique mondiale (OMM). Sur l’atoll de Fakarava, le blanchiment du récif de corail à grande échelle est-il déjà un signe de ce changement annoncé ?
elon l’OMM, une agence de l’ONU, un « net changement dans le Pacifique équatorial » est en cours, avec des températures de surface qui augmentent rapidement. Wilfran Moufouma Okia, chef de la Section de la prévision du climat de l’OMM, estime qu’un épisode El Niño pourrait débuter dès la période de mai à juillet 2026, avec un risque de « forte intensité ». Cette perspective inquiète alors que les épisodes de 2023 et 2024 avaient déjà fait de ces années les plus chaudes jamais enregistrées.
Faut-il déjà y voir un lien, mais à Fakarava, Raimiti vient de poster sur son réseau social quelques photos du récif en décrivant une situation critique : « Le corail blanchit à perte de vue. Par endroits, il se meurt déjà… et l’odeur est là, lourde, presque irréelle…On voit souvent des images, on entend parler du changement climatique aux infos. Mais être là, le vivre, le sentir… c’est tout autre chose. C’est un écosystème entier qui souffre, sous nos yeux ».
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Après un tel constat alarmant, Dan Granier explique ce phénomène par la hausse thermique prolongée : sous l’effet d’une eau dépassant les 30/31°C, les coraux « deviennent fluo puis blanc puis [c’est] la mort ».
Le désarroi grandit parmi les habitants des zones touchées qui assistent, impuissants, à ce que Miri Tahiti qualifie de « désastre écologique pour nos atolls et nos populations ». Pour Teïki Anaka Vj, « la température des eaux du Pacifique va être en hausse accélérant la mortalité corallienne …c’est vraiment triste de voir cela ». Coati Cris témoigne également d’une dégradation rapide en quelques années, décrivant des lagons « pleins d’algues, vides de poissons », une situation jugée « à pleurer ».
Bien que l’OMM précise qu’il n’est pas prouvé que le changement climatique augmente la fréquence d’El Niño, ces cycles s’inscrivent dans un contexte global de réchauffement d’origine anthropique. Ce que suggère Poe Tahiti, pour qui ce constat est le résultat d’« actions humaines incontrôlées depuis la révolution industrielle », appelant à une réduction urgente des émissions de carbone face à ce spectacle « alarmant, atroce ».