Au large de Madère, des scientifiques sur le front de la protection des océans
23 octobre 2026
23 octobre 2026
Sur l’écran de l’ordinateur de Juan Mayorga, une magnifique raie pastenague nage gracieusement au fond de la mer des îles Désertes, dans l’archipel portugais de Madère : « C’est une bonne journée quand on voit des animaux comme celui ? ci », sourit le scientifique colombien.
« C’est la protection de l’environnement à l’œuvre, là, juste sous nos yeux », se réjouit cet ingénieur travaillant pour le programme « Pristine Seas » (« Mers vierges ») de la National Geographic Society. « À mesure que nous protégeons un endroit, année après année, les poissons deviennent de plus en plus gros, ils produisent de plus en plus de bébés. »
Comme environ 200 autres scientifiques, Juan Mayorga participe tout au long du mois d’octobre à une vaste expédition visant à mieux connaître l’archipel de Madère, situé au large des côtes marocaines, où les efforts de conservation marine remontent au début des années 1970.
Il doit recueillir et analyser des images vidéo tournées au niveau du sol marin, entre 40 et 50 mètres de profondeur, par des caméras montées sur des structures métalliques où ont été placés des appâts pour attirer les poissons.
Ce qui l’intéresse en particulier, c’est de comparer les données collectées dans la partie sud des îles Désertes, une zone de protection marine totale, avec celles qui ont été recueillies dans la partie nord, où un certain type de pêche est encore autorisé.
Première étape du Santa Maria Manuela, le quatre-mâts de 70 mètres de long qui fait office de navire amiral de l’expédition comptant en tout une quinzaine d’embarcations, les îles Désertes sont trois îlots inhabités, à une quarantaine de kilomètres de l’île de Madère.