Les récifs coralliens occupent moins d’un millième de la surface des océans, mais abritent un quart des espèces marines. Des scientifiques viennent aussi d’y découvrir plus de 600 espèces de bactéries totalement inconnues.
Le corail est un être multiple. C’est à la fois de l’animal, du végétal et du minéral. Le polype, petit être tentaculaire semblable à une méduse, s’assemble en colonies et crée un squelette minéral – le calcaire corallien. Dans cette colonie, les polypes cultivent, dans leur propre corps, de petites algues qui les nourrissent, vivant en symbiose avec elles.
En plus du minéral, du végétal et de l’animal, les chercheurs viennent de découvrir que le corail fonctionne aussi grâce à des bactéries et parmi les espèces microbiennes découvertes, 99% étaient totalement inconnues !
L’équipe internationale de la goélette Tara vient de publier le résultat de plusieurs années de recherches, dans 99 récifs de corail sur 32 îles du Pacifique. Par des analyses ADN, ils ont identifié, à l’intérieur du corail, 645 espèces de microbes, dont moins de 1% étaient déjà connues.
Ces microbes ne sont pas des pathogènes. Au contraire, ils sont indispensables à la survie du corail, notamment à son système immunitaire. Comme notre propre microbiote, mais en encore plus varié et puissant.
Parmi ces bactéries du corail, les chercheurs ont identifié un « cluster de gènes biosynthétiques », c’est-à-dire une grande diversité de gènes qui codent la fabrication de molécules ayant une activité sur le vivant.
Cela peut être des enzymes, des antibiotiques, des anticancéreux, des anti-inflammatoires… En tout cas, des médicaments du futur se cachent, c’est certain, dans ces microbes du corail. Il y en aurait même encore plus que dans notre principale source actuelle de nouveaux médicaments : les éponges marines. Bref, dans les bactéries du corail se cache la bibliothèque des médicaments de demain.
Hélas, cette bibliothèque, en ce moment même, est en train de brûler. Les récifs coralliens sont l’un des écosystèmes les plus vulnérables au réchauffement climatique, et ils sont actuellement en train de disparaître. C’est donc une véritable course contre la montre qui se joue pour tenter de sauver les coraux, et la très utile pharmacopée qu’ils abritent.
Source : France info