«Se protéger contre le tourisme de masse» : en Polynésie française, Maupiti interdit le camping sauvage
11 septembre 2026
11 septembre 2026
Depuis le 29 juillet, l’île de Maupiti, située dans les îles Sous-le-Vent de l’archipel de la Société, interdit le camping sauvage sur les plages, le domaine public et dans les espaces naturels non aménagés. On vous explique.
C’est une mesure qui pourrait changer l’expérience des voyageurs à Maupiti. Nager avec les raies mantas, gravir le mont Teurafaatiu ou encore profiter d’une plage de sable blanc face à un lagon translucide : cette petite île volcanique de l’archipel de la Société (la plus petite habitée des îles Sous le Vent, NDLR), attire ceux qui recherchent une Polynésie encore préservée. Surnommée la « Bora Bora des années 1960 », Maupiti entend toutefois protéger son environnement face à l’augmentation de la fréquentation touristique. Depuis fin juillet, le camping sauvage y est interdit, en vertu d’un arrêté municipal pris par la maire, Mathilda Valentin.
L’île de Maupiti accueille près de 40.000 visiteurs par an pour un peu plus de 1200 habitants, selon Tamui Tuheiava, vice-président du comité du tourisme de Maupiti. À 55 minutes de vol de Tahiti avec Air Tahiti, elle est aussi accessible par la mer depuis l’été 2024 grâce à l’Apetahi Express. Depuis mai dernier, les deux compagnies proposent même une offre combinant avion jusqu’à Bora Bora et bateau jusqu’à Maupiti. Une accessibilité accrue qui profite à l’économie locale, mais pose aussi la question des capacités d’accueil de ce petit territoire. «Il ne faut pas non plus qu’il y ait trop de monde et que ça devienne n’importe quoi, il faut que cela soit cadré», explique Tamui Tuheiava à nos confrères de Tahiti Infos.
Cette volonté de garder la maîtrise du tourisme ne date pas d’hier. En 2004, les habitants avaient rejeté par référendum, à plus de 80 %, l’implantation d’un complexe hôtelier de luxe. Vingt et un ans plus tard, en 2025, la question est pourtant revenue sur la table : la commune a organisé plusieurs réunions pour sonder les habitants sur l’éventuelle arrivée d’un hôtel, avant un possible nouveau référendum. Le sujet reste sensible. Une pétition opposée au projet avait recueilli plus de 1000 signatures.
Pour l’heure, Maupiti continue donc de privilégier les pensions de famille et les petits hébergements tenus par des habitants. «Si les touristes veulent des hôtels de luxe, ils vont à Bora Bora, ils ont tout ce qu’il faut là-bas», tranche Tamui Tuheiava. Une manière de revendiquer une autre promesse de voyage, à seulement 40 kilomètres de la reine des lagons : celle d’une île qui entend rester à taille humaine.
