En apnée, un artiste plasticien coud les déchets de la Méditerranée
11 septembre 2026
11 septembre 2026
À six mètres sous la Méditerranée, au large de Marseille, Sofiane Benyahia coud. Ici pas de tissu mais canettes, épuisettes et autres déchets récupérés sous l’eau qui deviennent, entre les mains de l’artiste plasticien français, des œuvres d’art.
Au départ, Sofiane Benyahia est un peintre en apnée. « A chaque fois que je peins des tableaux sous l’eau, je vois des déchets partout malgré le fait que je fasse de la dépollution avec les associations locales », déplore l’artiste.
« Je voulais sensibiliser autrement », poursuit l’ancien sous-marinier. « C’est là que m’est venue l’idée de prendre un déchet sous-marin et de le figer comme un objet archéologique. De pouvoir témoigner de ce que l’humain laisse comme trace sous l’eau », explique le moniteur d’apnée de 40 ans.
Et cette trace est loin d’être anodine. La Méditerranée est considérée comme la mer la plus polluée au monde. Selon l’Ademe, l’Agence de la transition écologique française, près de 630 tonnes de déchets plastiques y sont rejetées chaque jour par les pays riverains et s’y accumulent.
Pour fixer les objets trouvés sur sa toile en PVC recyclée, maintenue sous l’eau par des poids, le plongeur utilise un fil de nylon et un crochet. Une œuvre peut lui demander « au moins une trentaine d’apnées ». « Ça demande beaucoup d’allers-retours pour prendre le temps de coudre et de faire ce geste ancestral, de la même manière que la peinture ou la danse », raconte-t-il.
Car Sofiane Benyahia ne se contente pas de créer des œuvres d’art. Sous la surface, il transforme aussi son travail en performance subaquatique.
Le chiffre a de quoi donner le vertige. Près de 23 millions de Congolais, sur une population estimée à 100 millions d’habitants, ne savent ni lire ni écrire, soit près de 20 % de la population, selon les données présentées mardi 8 septembre par la ministre d’État en charge des Affaires sociales, Ève Bazaiba. Une réalité qui place l’analphabétisme parmi les fractures sociales les plus profondes auxquelles la République démocratique du Congo reste confrontée.