La Türkiye et l’Union pour la Méditerranée mobilisent les pays méditerranéens en amont de la COP31
24 juillet 2026
24 juillet 2026
L’ambassadeur de Türkiye en France, Yunus Demirer, a appelé vendredi à faire de la prochaine COP31 d’Antalya un « héritage durable » pour la Méditerranée, à l’occasion d’une consultation climatique organisée à l’ambassade turque de Paris.
« La Méditerranée représente une occasion unique de mettre en avant la dimension méditerranéenne de l’action climatique mondiale », a-t-il déclaré, évoquant l’ambition de « renforcer la coopération régionale » et de favoriser « la mise en œuvre d’actions concrètes ».
Cette rencontre constituait la troisième étape après Rabat et Le Caire d’un cycle de sept consultations organisées par l’Union pour la Méditerranée (UpM) en amont de la COP31, que la Türkiye présidera à Antalya en novembre. D’autres rendez-vous sont prévus dans les prochaines semaines à Madrid, Rome, Amman et Alger.
La région méditerranéenne se réchauffe 20 % plus vite que la moyenne mondiale, une donnée qui, selon les organisateurs, souligne l’urgence d’une réponse coordonnée entre les pays du pourtour. Réunis à Paris autour de trois tables rondes électrification et transition énergétique, océans et mers, synergies entre les Conventions de Rio et politiques d’adaptation , les participants ont insisté sur la nécessité de concilier résilience climatique, développement humain et croissance économique.
Les échanges de Paris, accueillis conjointement par l’ambassadeur turc Yunus Demirer et la secrétaire générale adjointe principale de l’UpM, Mariam Diallo, doivent alimenter une « Note de synthèse méditerranéenne » qui sera présentée à la COP31. Mariam Diallo a résumé l’enjeu : « La région n’a plus besoin d’être convaincue de l’urgence climatique. Elle a besoin d’une coopération régionale plus forte, mieux structurée et davantage tournée vers la mise en œuvre. »
Côté français, l’ambassadeur chargé des négociations climatiques, Benoît Faraco, a salué une région capable de « créer des passerelles entre les pays du bassin » sur l’énergie, l’eau ou la lutte contre la pollution plastique. La déléguée interministérielle pour la Méditerranée, Nadia Hai, a pour sa part souligné le « rôle central » de l’UpM comme outil de coordination.
L’UpM prévoit d’installer à Antalya un « Pavillon méditerranéen », une première sur les rives de la Méditerranée, destiné à donner une vitrine aux pays de la région, aux scientifiques, au secteur privé et à la société civile. Cet espace servira notamment à présenter le Plan d’action climatique méditerranéen, issu du processus lancé début juillet lors de la 3e Semaine verte de la Méditerranée.
Créée le 13 juillet 2008 à Paris, en prolongement du processus de Barcelone lancé en 1995, l’UpM est une organisation intergouvernementale dotée d’un secrétariat permanent à Barcelone. Elle réunit 43 pays et partenaires, dont l’ensemble des 27 États membres de l’Union européenne et les pays des rives sud et est de la Méditerranée, la seule instance multilatérale régionale à rassembler ces deux ensembles. Son action s’articule autour de cinq priorités définies en 2021 : environnement et climat, développement économique et humain durable, inclusion sociale, transformation numérique et protection civile. La France en est le premier contributeur bilatéral.
L’Union pour la Méditerranée réunit les États membres de l’Union européenne et seize pays des rives sud et est du bassin.
La COP31 (31e Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques) se tiendra en novembre 2026 à Antalya, en Türkiye.
Elle réunira les États parties afin d’évaluer les progrès accomplis dans la mise en œuvre de l’Accord de Paris, de renforcer les engagements climatiques et d’accélérer les actions en matière d’atténuation, d’adaptation, de financement climatique et de transition énergétique.
En amont de la conférence, la présidence turque de la COP31 organise, en partenariat avec l’Union pour la Méditerranée (UpM), une série de consultations dans plusieurs capitales méditerranéennes afin d’identifier les priorités communes de la région, qui seront rassemblées dans une Note de synthèse méditerranéenne présentée lors de la conférence à Antalya.