Les frappes s’intensifient au Moyen-Orient, Washington reprend son blocus des ports iraniens
15 juillet 2026
15 juillet 2026
Les États-Unis ont lance mardi soir de nouvelles frappes contre l’Iran et ont recommence a bloquer ses ports, Donald Trump renonçant en revanche a taxer les navires franchissant le détroit d’Ormuz, au cour de la guerre.
La reprise de ce blocus maritime à 16 h 00, heure du Québec, ainsi que des bombardements, d’une ampleur inédite depuis le cessez-le-feu d’avril, minent les efforts diplomatiques pour rendre durable le protocole d’accord signe le 17 juin.
Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, a dénoncé dans la soirée la réimposition du blocus naval américain, estimant que les Américains avaient « démantelé » le protocole, tandis que Donald Trump renouvelait ses menaces a l’encontre de Téhéran.
« La semaine prochaine, ça va vraiment mal tourner pour eux », à moins qu’ils ne « s’assoient à la table des négociations », a-t-il déclare sur Fox News, évoquant la possibilité de bombarder des ponts et des centrales électriques du pays.
Conséquence de ce climat belliqueux et de la quasi paralysie du stratégique détroit d’Ormuz : le prix du baril de Brent, référence internationale, s’était envolé lundi de plus de 9 % avant de ralentir sa hausse face a l’annonce du président américain de renoncer à son projet de taxe de 20 % sur les navires y transitant.
Comme Téhéran, qui envisage de faire payer ce passage, il avait assuré lundi vouloir prélever une redevance en échange de la protection de cette route maritime, au mépris du droit international et du principe de la liberté de navigation.
Mais dans un message publie mardi sur son reseau Truth Social, il a fait marche arrière, remplaçant ce projet par « des accords de commerce et d’investissements » avec les monarchies du Golfe.
Sur le terrain, l’Iran a rapporte tout au long de la journee, puis dans la nuit de mardi a mercredi des bombardements tous azimuts, notamment à Bandar Abbas et sur l’ile de Qeshm, pres du detroit d’Ormuz, et dans la ville d’Ahvaz.
Il s’agissait de la quatrième nuit de frappes americaines consécutive. Donald Trump a envoye la semaine derniere une notice officielle au Congrès pour signaler la reprise du conflit, declenche le 28 fevrier par des frappes israélo-américaines.
« Il est certain que cela ne fait pas du bien de voir son pays en guerre », témoigne à Téheran Hossein, un vendeur de 43 ans. « Mais je pense que c’est le droit naturel de chaque pays de se defendre lorsque son intégrité territoriale est attaquée ».
L’Iran a continué à riposter en frappant des installations américaines, notamment une base militaire abritant des avions de combat en Jordanie, a indique dans la nuit l’agence de presse officielle Irna.
Le Koweït avait lui aussi ete touche par des frappes iraniennes plus tot mardi, blessant quatre militaires koweitiens.
Dans le detroit d’Ormuz et ses environs, ou le trafic maritime s’est rarefie, plusieurs petroliers ont ete attaques, faisant au moins deux morts et plusieurs blesses depuis lundi soir, selon l’Organisation maritime internationale.
Outre l’impact sur le commerce mondial d’hydrocarbures, l’ONU s’est alarmée mardi des « graves conséquences socio-économiques et humanitaires » du blocage de cette « voie de passage essentielle dont dépendent des millions de personnes » pour la nourriture, les médicaments et autres produits de première nécessité.