Le Chili annonce une décision officielle qui ouvre ses pêcheries australes au maquereau marocain destiné aux appâts de pêche
8 juillet 2026
8 juillet 2026
Le Chili a agréé l’entrée de maquereau de l’Atlantique en provenance du Maroc pour les besoins de la pêche dans l’extrême Sud, selon une résolution exempte du Service national de la pêche et de l’aquaculture (Sernapesca), publiée par la Bibliothèque du Congrès national du Chili (BCN). Le texte couvre «l’importation de maquereau de l’Atlantique (Scomber colias) en provenance du Maroc» et réserve son emploi «comme appât dans la région d’Aysén del General Carlos Ibáñez del Campo et dans la région de Magallanes et de l’Antarctique chilienne».
La résolution exempte DN-01594/2026 répond à une demande de deux opérateurs chiliens de Magallanes : Global Pesca SpA, société fondée en 2003 et spécialisée dans la capture et la commercialisation de légine australe, appelée au Chili bacalao de profundidad, et Pesca Cisne S.A., entreprise de pêche hauturière établie à Punta Arenas, active dans la merluza australe, le congrio doré et la légine australe.
Le maquereau de l’Atlantique, Scomber colias, appartient à la famille des scombridés, qui regroupe les maquereaux, les thons et les bonites. Poisson marin pélagique, il vit dans la colonne d’eau, forme des bancs et nourrit plusieurs usages commerciaux selon les zones de capture. Dans le dossier chilien, il ne rejoint pas le marché alimentaire : le Sernapesca le classe comme appât, avec une origine marocaine et une destination limitée aux pêcheries australes.
Le dossier relève du décret suprême (DS) n°319 de 2001, qui fixe le règlement sanitaire de l’aquaculture (RESA), et du régime chilien des maladies de haut risque (EAR) applicable aux espèces hydrobiontes. Avant toute entrée d’appâts venus de l’étranger, l’administration chilienne examine le pays d’origine, l’espèce, les maladies animales à notification obligatoire et les garanties sanitaires attachées au produit.
L’examen du Maroc fonde le feu vert chilien. Le rapport technique cité par le Sernapesca retient que la plate-forme WAHIS de l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA) ne recense pour le royaume «aucun rapport d’événement sanitaire associé à des maladies d’animaux aquatiques à notification obligatoire». Le dernier rapport semestriel marocain disponible auprès de l’OMSA, relatif au premier semestre 2025, ne signale ni foyer ni diagnostic positif chez les poissons ; la septicémie hémorragique virale (VHS) y figure comme «maladie absente» dans la faune sauvage.
Le Sernapesca relève aussi des mesures marocaines de surveillance, de notification, de restriction des mouvements et de contrôle aux frontières. Pour l’espèce elle-même, l’administration chilienne note que Scomber colias ne figure pas parmi les poissons sensibles aux maladies à notification obligatoire reprises par l’OMSA, ni parmi les espèces sensibles au virus de la myocardite piscicole (PMCV), d’après la fiche technique consultée par le service chilien.
Pêcheries australes et état des ressources
La décision ne livre aucun tonnage, aucun prix, aucun port marocain de départ et aucun nom d’exportateur. Elle fixe un périmètre : le maquereau marocain doit servir d’appât dans les régions d’Aysén et de Magallanes, deux territoires maritimes où la pêche extractive et l’aquaculture pèsent dans l’économie locale.
La même résolution admet une seconde espèce, sans lien avec le Maroc : la sardine crinuda, Opisthonema libertate, en provenance du Guatemala. Le document sépare clairement les deux filières : le Maroc pour le maquereau de l’Atlantique ; le Guatemala pour la sardine crinuda ; une même destination, l’appât, sous contrôle sanitaire chilien.
Le cadrage intervient dans un secteur suivi de près par le Sous-secrétariat à la pêche et à l’aquaculture (Subpesca). Dans son bilan 2025 des principales pêcheries, publié en mars 2026, l’administration chilienne recense 25 pêcheries à état actualisé : 60 % se trouvent dans une situation saine, dont 8 % sous-exploitées et 52 % en pleine exploitation ; 24 % relèvent de la surexploitation ; 16 % se trouvent en état d’épuisement.