Le Portugal autorise sa première ferme aquacole en pleine mer
1 juillet 2026
1 juillet 2026
Le Portugal vient de franchir une etape inedite dans le développement de son économie maritime. Pour la première fois, les autorités ont délivré une autorisation pour exploiter une ferme aquacole en pleine mer, à une quinzaine de kilomètres des côtes de l’Algarve. Derrière cette décision se cache un enjeu bien plus vaste : renforcer la production nationale de poissons dans un pays qui reste fortement dependant des importations pour répondre à la demande.
Cette avancée intervient quelques jours seulement après la publication de chiffres rappelant un paradoxe bien connu : malgre sa tradition maritime et sa place de premier consommateur de poisson en Europe, le Portugal importe près de 80 % des poissons qu’il consomme chaque année.
Le projet, baptise Coralis, sera implante a environ 15 kilometres des cotes de l’Algarve. Il s’agit de la premiere autorisation accordee au Portugal pour une exploitation aquacole installee directement en haute mer, loin du littoral.
À terme, cette ferme offshore pourra produire jusqu’à 8 000 tonnes de poissons par an grace à des infrastructures conçues pour résister aux conditions de l’Atlantique.
Au-delà de sa capacité de production, le projet marque surtout une évolution de la stratégie maritime portugaise, qui mise désormais davantage sur l’innovation et les nouvelles technologies liées à la mer.
Chaque annee, le Portugal consomme environ 25 000 tonnes de bars et de daurades, mais pres de 20 000 tonnes proviennent de l’etranger, principalement de Turquie et de Grece. Plus largement, environ 85 % des bars et des daurades consommes dans l’Union europeenne sont importes.
Pour un pays qui possède l’une des plus vastes zones economiques exclusives d’Europe, cette dépendance constitue un véritable paradoxe. Le développement de l’aquaculture offshore pourrait permettre d’augmenter progressivement la production nationale tout en renforcant la securite alimentaire.
Depuis plusieurs années, le Portugal affiche de grandes ambitions autour de l’Economie Bleue. Énergies marines, biotechnologies, robotique sous-marine, surveillance des oceans ou encore aquaculture figurent parmi les secteurs consideres comme strategiques pour les prochaines decennies.
Jusqu’à present, ces ambitions restaient toutefois largement theoriques. Avec l’autorisation accordee au projet Coralis, le pays franchit une etape concrete en lancant son premier projet industriel d’aquaculture en pleine mer.
Cette évolution confirme également la volonté des autorités de mieux valoriser l’immense potentiel offert par l’Atlantique, qui représente depuis longtemps l’un des principaux atouts geographiques du Portugal.
Pour les porteurs du projet, cette autorisation ne constitue qu’une premiere etape. Le principal defi sera desormais de reunir les financements necessaires afin de construire les infrastructures et d’accelerer le developpement de cette nouvelle filière.
Si cette premiere exploitation demontre sa viabilite economique et environnementale, elle pourrait servir de modele a d’autres projets similaires le long des côtes portugaises. À terme, l’aquaculture offshore pourrait devenir un nouveau pilier de l’économie maritime nationale, aux côtés de la pêche, du tourisme et des énergies marines.
Longtemps perçu comme un formidable espace de navigation, de pêche ou de tourisme, l’Atlantique pourrait désormais devenir un véritable moteur industriel pour le Portugal.
Au-delà de la seule production de poissons, cette première ferme aquacole offshore symbolise l’émergence d’une nouvelle génération de projets tournés vers l’innovation, la souverainete alimentaire et la valorisation durable des ressources marines. Pour un pays intimement lié à l’ocean depuis des siècles, cette première autorisation pourrait marquer le début d’un changement de dimension.