Il y a des requins blancs en Méditerranée : mais ce n’est pas celui-là qui inquiète les scientifiques sur les côtes françaises

Imaginez-vous tranquillement installé sur une plage française, savourant votre lecture estivale, sans vous douter qu’à quelques mètres de vous nagent discrètement des dizaines d’espèces de requins. Pas de panique ! Ces fascinants prédateurs sont bien présents le long de nos côtes, mais représentent-ils vraiment un danger ? Plongeons ensemble dans les eaux françaises pour découvrir ces voisins méconnus.

requins blancs
 

Le requin, bien moins dangereux qu’on ne le pense

Le requin fait partie de ces animaux qui effraient, et ce souvent à tort. La réalité des chiffres est pourtant sans appel : ce prédateur marin est bien moins mortel pour l’homme que le moustique, responsable d’environ 800 000 décès par an. Pour vous donner une idée, cet insecte tue plus d’humains en seulement 24 heures que le requin en un siècle entier ! De quoi relativiser la réputation de mangeur d’hommes qu’on colle volontiers à ces poissons cartilagineux.

Cette comparaison peut surprendre, mais elle révèle surtout à quel point notre perception est biaisée. Le requin cristallise nos peurs ancestrales, tandis que nous sous-estimons largement le danger représenté par d’autres animaux beaucoup plus petits et discrets.

 

Une biodiversité impressionnante dans les eaux françaises

 

Nul besoin de partir à l’autre bout du monde pour observer des requins : diverses espèces peuplent bel et bien les côtes françaises. Les chiffres sont d’ailleurs impressionnants. On trouve une cinquantaine d’espèces de requins en Méditerranée, et pas moins d’une centaine dans l’Atlantique !

La majorité des requins longeant les côtes de l’Hexagone dépassent rarement les 2 mètres de long. Ces spécimens de taille modeste passent d’ailleurs largement inaperçus. Mais il existe quand même de grands spécimens qui méritent qu’on s’y attarde.

Parmi eux, le requin-pèlerin impressionne par sa taille : ce géant peut atteindre 8 mètres de long, et pourtant, il est complètement inoffensif. On note également la présence d’une petite population de requins blancs et de requins mako dans nos eaux métropolitaines. Ces espèces se font toutefois peu remarquer le long des côtes de l’Hexagone, à la différence d’autres territoires français.

 
L’outre-mer, une situation plus contrastée

Si la métropole reste relativement épargnée, c’est moins le cas dans les territoires d’outre-mer. On y trouve une diversité encore plus grande, avec le requin-citron, le requin de récif, le requin marteau et le requin mako. Mais surtout, on y rencontre les trois requins considérés comme les plus dangereux : le grand requin blanc, le requin-tigre et le redoutable requin-bouledogue.

Les Antilles ont été assez épargnées par les attaques, mais l’île de la Réunion a régulièrement fait les gros titres. Entre 2011 et 2021, pas moins de 27 attaques de requins ont eu lieu sur l’île, dont 11 mortelles. Un bilan qui interroge et inquiète.

Le requin-bouledogue, un prédateur particulièrement redoutable

La très grande majorité des incidents à la Réunion est imputée au requin-bouledogue, avec quelques rares attaques de requins-tigres. Ce qui rend le bouledogue particulièrement dangereux, c’est d’abord son agressivité naturelle.

Mais ce requin présente une autre particularité inquiétante : il a la capacité d’évoluer aussi bien dans l’eau de mer que dans l’eau douce, ce qui élargit considérablement son territoire de chasse. Contrairement au grand requin blanc, qu’on trouve rarement à proximité immédiate des plages, le bouledogue apprécie les eaux très peu profondes.

Le plus troublant ? Certaines attaques ont eu lieu alors que la victime n’avait de l’eau que jusqu’aux genoux. Une proximité qui explique pourquoi ce requin est responsable d’un si grand nombre d’incidents dans les zones où il est présent. Voilà qui devrait nous rappeler que partager l’océan avec ces fascinants prédateurs demande respect et prudence.

Source : modesettravaux