Afrique : les 10 meilleurs ports à conteneurs en 2025, le Maroc en tête avec Tanger Med
19 juin 2026
19 juin 2026
Le port marocain de Tanger Med s’impose comme la plateforme portuaire la plus efficiente du continent africain dans l’édition 2025 de l’Indice de performance des ports à conteneurs (CPPI), publiée le 10 juin 2026 par la Banque mondiale et S&P Global Market Intelligence. Classé au 6e rang mondial sur 400 ports évalués, le hub du détroit de Gibraltar devance le port égyptien de Port-Saïd, relégué au 15e rang mondial et 2e africain, après avoir occupé la tête du classement continental l’année précédente.
La méthodologie du CPPI repose sur une mesure objective : le temps écoulé entre l’arrivée d’un navire en rade et son départ du poste d’amarrage, une fois les opérations de chargement et déchargement effectuées. Moins ce délai est long, plus le score est élevé.
Le score de Tanger Med s’établit à 134 points en 2025, contre 136 en 2024, soit un léger repli qui n’a pas empêché le port marocain de reconquérir la première place africaine. Selon l’Autorité portuaire de Tanger Med, la plateforme a traité plus de 11,1 millions de conteneurs en 2025, soit une hausse de 8,4 % par rapport à l’année précédente, tandis que le trafic total de marchandises a atteint 161 millions de tonnes, en progression de 13,3 % sur un an.
Port-Saïd, dont le score a chuté de 20 points par rapport à 2024, à 117, pâtit directement des perturbations du trafic maritime dans le canal de Suez et en mer Rouge, zones qui concentrent une part significative des routes commerciales mondiales reliant l’Asie à l’Europe.
Le classement africain confirme la domination des plateformes d’Afrique du Nord, qui occupent cinq des dix premières positions continentales. Derrière Tanger Med et Port-Saïd, le port de Djibouti (53e rang mondial) complète le podium africain. Suivent les ports égyptiens de Damiette (105e mondial) et d’El Sokhna (115e), puis Mogadiscio en Somalie (127e), Dakar au Sénégal (144e), El Dekheila en Égypte (179e) et San Pedro en Côte d’Ivoire (211e). Le port de Malabo, en Guinée équatoriale, ferme ce Top 10 africain au 222e rang mondial.
La Banque mondiale pointe des faiblesses structurelles pour expliquer les contre-performances des ports africains hors du nord du continent. Les plateformes subsahariennes enregistrent des temps d’escale plus longs, imputables à des contraintes de capacité, des investissements limités dans l’automatisation, une connectivité insuffisante avec les arrière-pays (hinterland) et une faible concurrence interportuaire. Les ports à dominante importatrice — largement majoritaires en Afrique — souffrent également d’une gestion des espaces de stockage plus incertaine, ce qui alourdit mécaniquement les délais d’opération.
La prochaine édition du CPPI, qui paraît chaque année, permettra de mesurer si les réformes engagées dans plusieurs ports africains — notamment à Dakar, où des travaux d’extension sont en cours dans le cadre du nouveau port de Ndayane — se traduisent par une amélioration des scores d’efficacité opérationnelle.