Du jamais-vu en Antarctique : un glacier a perdu 8 km en seulement deux mois !

 

À l’heure où le réchauffement climatique fait fondre la plupart des glaciers du monde, le recul de 25 kilomètres du glacier Hektoria, en Antarctique, n’est comparable à aucun autre : c’est un record que les scientifiques jugeaient impossible. Les chercheurs de la Nasa pensent avoir réussi à déterminer les raisons derrière cet événement déconcertant.

Vingt-cinq kilomètres de moins en 15 mois, c’est l’évolution impensable du glacier Hektoria situé à l’est de l’Antarctique. Cette observation a été effectuée entre début 2022 et le printemps 2023. Le glacier a même perdu huit kilomètres en l’espace de deux mois, du jamais-vu !    

Pourquoi le glacier Hektoria fond-il bien plus vite que les autres ? Trois raisons principales ont conduit à ce recul inédit, selon la Nasa :

  • le réchauffement climatique ; 
  • l’instabilité de la mer ;
  • la forme et la structure particulières du glacier.

Le glacier Hektoria débute sur terre et se termine dans l’océan : « sa partie extérieure forme une masse de glace flottante appelée langue glaciaire », précise la Nasa. Le glacier a perdu de la glace des deux côtés : sur terre et en mer, ce qui contribue bien évidemment à l’élévation du niveau de la mer.

Le recul du glacier visible entre octobre 2022 (à gauche) et mars 2024 (à droite). © Nasa

 

Une conjonction de plusieurs facteurs en cause

 

Après avoir été plus ou moins stable pendant une vingtaine d’années, la glace présente en mer, le long de la côte, s’est soudainement brisée. Les scientifiques pensent que l’événement a sûrement été causé par la forte houle. Cette glace côtière faisait office de soutien, et une fois que celle-ci s’est cassée, le glacier Hektoria s’est complètement déstabilisé.

La langue de glace flottante s’est alors mise à vêler de manière répétée, ce qui a fait perdre 16 kilomètres au glacier. La langue glaciaire s’est ensuite stabilisée au cours de l’hiver. Cependant, c’est une autre partie du glacier qui s’est alors mise à fondre : grâce aux mesures laser, les satellites ont permis de découvrir que la glace continuait à fondre sous la surface, même en plein hiver.

Le relief spécifique de la zone, une plaine rocheuse, permet à l’eau de mer de s’infiltrer sous le glacier à marée haute. Cette eau brise également des morceaux de glace et leur permet de se détacher. C’est ce qui aurait provoqué la deuxième phase de fonte rapide du glacier, pendant laquelle il a perdu huit kilomètres.  

Le réchauffement climatique a donc agi comme un phénomène aggravant : il a fragilisé la glace qui était facilement instable en raison de la structure du glacier, du relief sur lequel il repose et des courants marins spécifiques de la zone. C’est donc la conjonction de tous ces phénomènes qui auraient mené à la fonte record du glacier Hektoria. Ce glacier n’est pas le seul à réunir tous ces facteurs aggravants : c’est également le cas de nombreux autres, présents au Groenland et en Alaska, annonce la Nasa.

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L’étude de l’évolution du glacier Hektoria reste difficile : les dernières images du retrait datent du printemps 2024, car l’année 2025 a été marquée par une couverture nuageuse trop importante pour permettre aux satellites d’analyser le glacier. Que s’est-il passé ensuite ? Les scientifiques pensent que la phase de recul record est probablement terminée et que le glacier continue à fondre de manière plus lente désormais. Celui-ci devrait progressivement perdre ses caractéristiques de glacier pour se transformer en fjord.

Source : Futura