Pêches et aquaculture de la FAO
29 mai 2026
29 mai 2026
Sur la plage de Toliara, à Madagascar, des femmes patientent sous le soleil, glacières à portée de main. Les premières pirogues approchent, et cette fois, leur poisson restera suffisamment frais pour se vendre à un prix juste.
La petite pêche est le pilier des moyens de subsistance côtiers à Madagascar, nourrissant et apportant des revenus à des milliers de familles. Mais ce secteur vital fait face à de nombreux défis: pertes post-récolte, accès limité aux marchés… autant d’obstacles qui menacent la sécurité alimentaire et les revenus des communautés.
Pour soutenir cette activité, Madagascar a mis en place un Plan d’action national pour la pêche artisanale, en lien avec les Directives volontaires pour une pêche artisanale durable (Directives SSF). Ce plan fixe des objectifs clés: promouvoir l’égalité de genre, assurer des conditions de travail décentes pour tous et renforcer la productivité et la résilience de la chaîne de valeur de la pêche artisanale — des activités post-récolte au commerce, en passant par la réduction des pertes après capture.
Au cœur de cet effort, RENAFEP, le Réseau national des femmes dans la pêche, se distingue par son engagement. Depuis des années, ses membres travaillent à améliorer la qualité des produits, réduire le gaspillage et sécuriser de meilleurs revenus pour leurs communautés.
« Pendant des années, nous avons vu nos produits se gâter sous le soleil. Aujourd’hui, grâce à RENAFEP et à notre partenariat avec la FAO, les femmes ont accès à la glace, et avec elle viennent la dignité, de meilleurs prix, de nouveaux marchés et l’espoir d’un avenir meilleur », raconte Viviane Givène, Secrétaire générale de RENAFEP.
Avec l’appui de la FAO, à travers le projet « Mise en œuvre des Directives pour une pêche artisanale durable pour des systèmes alimentaires et des moyens de subsistance sensibles au genre et résilients au climat – Phase 2 », une machine à glace a été installée dans un nouveau bâtiment à Toliara. Ce site stratégique central dessert les villages de pêcheurs alentour et a déjà commencé à produire des résultats concrets, rendus possibles grâce à la collaboration entre la FAO et les partenaires locaux.

Tout commence à Toliara, où la nouvelle machine produit chaque matin des blocs de glace destinés à être distribués aux groupes de femmes des villages voisins.

Une fois la glace produite, elle est conditionnée dans des glacières puis distribuée aux groupes de femmes des villages environnants.

Dans les villages, la glace est répartie dans d’autres glacières que les femmes louent quotidiennement avant de se rendre sur la plage pour attendre les pêcheurs.

Lorsque les pêcheurs reviennent de la mer, les femmes sont prêtes. Acheter directement aux pirogues leur permet d’obtenir du poisson de la meilleure qualité avant qu’il ne se gâte.

Le poisson est immédiatement placé dans les glacières, une simple étape qui ralentit la détérioration et protège davantage leur investissement.

De retour chez elles, les femmes trient le poisson: une partie est gardée pour leurs familles, une autre est séchée ou grillée, et le reste est préparé pour être vendu frais au marché.
« J’ai commencé ce travail il y a environ un an, lorsque la FAO a fait don des glacières à notre groupe de femmes local. J’ai tout de suite vu l’avantage: il est désormais plus facile d’obtenir de meilleurs prix lorsque nous vendons du poisson frais. Grâce à ce travail, je peux maintenir mes trois enfants à l’école. »
Razafitiana Emerancienne, membre du groupe de femmes du village de Manombo.

Avant d’arriver aux consommateurs, les femmes doivent d’abord rejoindre à pied la route principale, glacière à la main.

Le trajet se poursuit ensuite à vélo, en tuk-tuk ou en taxi-brousse pour atteindre les marchés proches de Toliara, voire au-delà.

Les glacières permettent de conserver le poisson frais et de le transporter sur de plus longues distances, ouvrant ainsi de nouveaux marchés et reliant les femmes à d’autres communautés.

Les consommateurs remarquent la différence: le poisson arrive plus frais sur les étals et se vend à un meilleur prix, ce qui se traduit par des revenus plus élevés et moins de pertes.

Du poisson frais dans l’assiette signifie des repas nutritifs, des enfants en meilleure santé et des communautés plus solides.

Pour ces femmes, la glace n’est pas seulement un moyen de conservation: elle représente la résilience, l’indépendance et l’espoir pour l’avenir.
À chaque bloc de glace, elles réécrivent l’histoire de la pêche artisanale à Madagascar sans laisser personne de côté.