Poissons par milliers, plongeurs conquis, biodiversité en hausse : les secrets de la réussite de cet immense récif artificiel devenu une attraction majeure

 

Au large du Cap d’Agde, dans l’Hérault, un immense récif artificiel attire de plus en plus de plongeurs. Installé depuis 2022, il a pour vocation de protéger les fonds marins naturels tout en développant une nouvelle activité écotouristique. Et le succès est au rendez-vous.

Depuis quelques jours, les images publiées sur les réseaux sociaux par l’Aire Marine Protégée de la Côte Agathoise font sensation. On y voit des bancs de poissons autour d’une immense structure immergée au large du Cap d’Agde (Hérault). Ce récif artificiel attire désormais de nombreux plongeurs. Il a été installé en juillet 2022 près du fort de Brescou.

Il fait partie du projet Récif’lab. L’objectif n’était pas seulement de créer un nouveau spot de plongée. Derrière ce projet, il y avait surtout une volonté de protéger des zones naturelles fragiles Et le pari semble en passe d’être réussi.

« L’objectif c’était surtout de pouvoir créer un site qui serve un peu de déport de pression d’une activité comme la plongée ou le mouillage de bateaux sur des sites plus sensibles », explique Renaud Dupuy de la Grandrive, directeur de l’Aire Marine Protégée de la Côte Agathoise.

 

Un immense récif artificiel au fond de l’eau

 

La structure principale impressionne par sa taille. Elle mesure sept mètres de haut pour près de huit mètres de large. Elle pèse environ cent tonnes. Les plongeurs la surnomment déjà « la cathédrale ». Autour de ce récif central, d’autres petits récifs et des amas rocheux ont aussi été installés. Le tout forme un véritable village sous-marin sur plusieurs centaines de mètres carrés.

Le gros récif principal est au milieu d’un dispositif plus large avec des petits récifs associés et des amas de pierres.

Renaud Dupuy de la Grandrive – directeur de l’Aire Marine Protégée de la Côte Agathoise

 

Le site a été pensé avec les clubs de plongée locaux. Plusieurs réunions ont été organisées pendant des années avant l’installation finale. « Ce n’est pas du tout un projet monté seul par le gestionnaire. C’est quelque chose qui a été partagé avec les clubs de plongée », précise-t-il.

 

Un projet pensé pour protéger les fonds marins

 

Ce récif artificiel se trouve à proximité d’une zone de protection forte au large du fort de Brescou. Dans cet espace naturel, la plongée, la pêche et le mouillage sont désormais interdits, car les ancres des bateaux peuvent abîmer les habitats sous-marins. Seule la navigation reste autorisée. L’idée était donc de proposer une alternative aux plongeurs pour éviter la dégradation des fonds marins naturels.

Le récif artificiel en 2022. • © Seaboost

« Avec ce système-là, ça permet aux clubs de plongée d’aller sur des sites nouveaux tout en protégeant le site naturel à côté », explique le directeur de l’aire marine protégée. Le projet a aussi été conçu avec des matériaux plus respectueux de l’environnement. Une partie de la structure a été fabriquée grâce à l’impression 3D, avec du béton bas carbone.

« On économise quasiment 40 % d’empreinte carbone avec ce type de béton », souligne Renaud Dupuy de la Grandrive. Le chantier a duré plusieurs années. La structure a été construite à Frontignan (Hérault) avant d’être transportée sur une barge jusqu’au Cap d’Agde.

 

Les poissons colonisent désormais le site

 

Au début, le récif était totalement vide. Mais avec le temps, la vie marine s’est développée autour de la structure. Aujourd’hui, les plongeurs croisent des sars, des loups, des mostelles ou encore des langoustes.

Là maintenant, la grosse différence c’est qu’on a beaucoup de biodiversité autour.

Renaud Dupuy de la Grandrive – directeur de l’Aire Marine Protégée de la Côte Agathoise

 

Le site est devenu populaire auprès des clubs de plongée de la région. Les professionnels organisent les sorties pour éviter une trop forte fréquentation. « On considère que c’est un vrai équipement écotouristique », affirme le directeur de l’aire marine protégée.

Le récif se trouve à moins de deux kilomètres du littoral. Les plongées peuvent se faire toute l’année jusqu’à vingt mètres de profondeur. Pour les responsables du projet, le pari de protéger les fonds marins naturels tout en créant un nouveau lieu de découverte sous-marine est réussi.

Source : France 3