Une destination européenne prend une nouvelle mesure pour lutter contre le tourisme de masse

 
La Grèce vient de protéger 12 nouvelles plages réparties entre différentes îles, de la Crète à Corfou, afin de réguler le flux de touristes. Une action qui s’ajoute à celles déjà prises il y a quelques années par d’autres destinations emblématiques en Europe.

Les vacances d’été se rapprochent doucement mais sûrement et certaines personnes sont peut-être en train de penser à leur prochaine destination. Parmi les pays les plus prisés, on retrouve la Grèce. L’an dernier, 38 millions de visiteurs s’y sont rendus selon des chiffres avancés par la Banque de Grèce (BdG), soit une hausse de 5,6 %. Un record battu pour la troisième année consécutive. La Grèce abrite des splendeurs allant de la Crète, aux Cyclades, en passant par sa capitale Athènes ou encore le Péloponnèse qui devrait voir accourir les touristes avec la sortie du film L’Odyssée de Christopher Nolan prévue le 15 juillet.

La ministre du Tourisme, Olga Kefalogianni, a même précisé en février dernier que « l’année 2025 a été la meilleure année de tous les temps pour le tourisme grec. La Grèce figure parmi les 10 destinations les plus populaires au monde » rapportait l’AFP. La Grèce est une destination populaire auprès des touristes, mais cette tendance n’est pas sans conséquence avec un surtourisme toujours plus important et oppressant pour les locaux. Les autorités font donc face à un véritable exercice d’équilibriste : réguler le flux de touristes sans le sacrifier pour autant, le secteur du tourisme étant l’un des moteurs de l’économie grecque.

 

12 nouvelles plages protégées

 

Une première option vient d’être mise en place avec l’ajout de 12 nouvelles plages à la liste des plages protégées qui en compte désormais 250 rapportaient les ministères de l’Économie et de l’Environnement dans un communiqué. Ces nouvelles plages se trouvent principalement sur des îles comme Corfou, Koufonisia, Leucad ou la Crète. Le but ? « Protéger efficacement les plages présentant une valeur esthétique, géomorphologique ou écologique particulière, mais aussi préserver les types d’habitats et les espèces de faune et de flore qui y sont présentes ». Le gouvernement indique également que le nombre de plages protégées par le label Natura 2000 « est en constante augmentation ».

 
 
Une destination européenne prend une nouvelle mesure pour lutter contre le tourisme de masse - Unsplash - Audrey Morard
L’île de Koufonisia est concernée par l’ajout de 12 nouvelles plages protégées. – Unsplash
 

Dans les faits, ces plages protégées font l’objet de plusieurs mesures visant à réguler l’effet du surtourisme avec l’interdiction de camion de restauration, d’embarcations de plaisance, l’accès aux véhicules, mais aussi les rassemblements organisés comptant plus de dix personnes. Quant aux nuisances sonores, elles sont aussi prohibées avec le bannissement de l’utilisation de musique, de haut-parleur et d’amplificateurs. Autre mesure : l’interdiction des parasols et transats qui peuvent quelques fois faire l’objet d’une âpre bataille entre les touristes…

 

La lutte contre le surtourisme en Europe du sud

 

La Grèce n’est pas la première destination européenne à mettre en place des actions pour réguler l’afflux de touristes. L’une des villes pionnières est Barcelone. La capitale de la Catalogne prévoit de supprimer toutes les locations de type Airbnb d’ici 2029 afin de remédier à la fois la crise du tourisme de masse et du logement. Le prix des loyers a en effet bondi de 70 %. Près de 10.000 logements Airbnb seront révoqués.

Toujours en Espagne, Ibiza accueille plus de trois millions de touristes alors qu’elle compte à peine 160.000 habitants. Face aux plaintes de ces derniers qui se sentent – à juste titre – « envahis », le gouvernement local a décidé de limiter l’afflux de visiteurs. Entre janvier et septembre inclus, seulement 20.000 véhicules de non-résidents peuvent désormais circuler chaque jour sur l’île (dont 16.000 de location, venant de la flotte de l’île). En outre, les véhicules devront être enregistrés en amont.

À l’instar de Barcelone et Ibiza, une autre ville majeure du Vieux Continent cherche à reprendre le contrôle sur son centre-ville. En 2023, Amsterdam a en effet interdit la construction de nouveaux complexes hôteliers, sauf certaines conditions. Un établissement « ne peut être construit que si un hôtel ferme ailleurs. Le nombre de couchages ne peut pas augmenter. L’hôtel doit aussi être meilleur, par exemple plus moderne et/ou plus durable » affirmait la ville d’Amsterdam. Les hôteliers sont ainsi invités à choisir un lieu en dehors du centre. L’objectif est de transformer la capitale des Pays-Bas en « une zone interdite » pour les nouvelles constructions. « Nous voulons rendre et maintenir la ville vivable pour les résidents et les visiteurs. Cela signifie : pas de tourisme excessif, pas de nouveaux hôtels et pas plus de 20 millions de nuitées hôtelières de touristes par an ».

 
Une destination européenne prend une nouvelle mesure pour lutter contre le tourisme de masse - Unsplash - Audrey Morard
Amsterdam est la capitale européenne la plus fréquentée par les touristes. Elle devrait conforter cette première place avec 30 millions de visiteurs attendus d’ici la fin de la décennie. – Unsplash
 

Du côté de Dubrovnik, on compte en moyenne 27 touristes par habitant. La Perle de l’Adriatique a donc pris quelques mesures pour protéger son patrimoine et maintenir la qualité de vie de ses habitants. Ici aussi, le nombre de touristes d’un jour est visé, avec la limitation du nombre de navires de croisière autorisés à rentrer dans la ville, soit deux par jour. Et chacun doit rester au port moins de huit heures.

Source : Le soir