400 kilomètres de canalisation sous la mer Méditerranée » : quel est ce projet stratégique pour l’industrie de l’Union Européenne, appelé BarMar, et dont la concertation publique va débuter dans l’Aude
6 mai 2026
6 mai 2026
Du 6 mai au 12 juillet, une concertation publique d’ampleur est organisée autour du projet BarMar, une infrastructure énergétique majeure visant à relier Barcelone à Fos-sur-Mer via une canalisation sous-marine dédiée au transport d’hydrogène renouvelable. Cette initiative s’inscrit dans une dynamique européenne plus large, à la croisée des enjeux climatiques, industriels et énergétiques.
La concertation débutera à Gruissan, ce mercredi 6 mai. Quel est donc l’objectif de ce projet BarMar ? D’abord, il souhaite répondre à deux priorités stratégiques pour l’Europe : réduire les émissions de carbone de l’industrie et renforcer la souveraineté énergétique du continent. Déjà utilisé dans de nombreux procédés industriels, l’hydrogène renouvelable est appelé à jouer un rôle central dans le développement de filières industrielles plus propres, notamment dans la sidérurgie, la chimie ou encore les transports lourds.
BarMar constitue un maillon essentiel du corridor H2med, un vaste réseau de transport d’hydrogène destiné à connecter le Portugal, l’Espagne, la France et l’Allemagne. En facilitant les échanges d’énergie décarbonée entre ces pays, ce corridor contribuera à structurer une véritable économie européenne de l’hydrogène.
Une infrastructure d’envergure
La canalisation BarMar d’un mètre de diamètre, s’étendra sur environ 400 kilomètres de canalisation sous la mer Méditerranée. Elle sera capable de transporter jusqu’à 2 millions de tonnes d’hydrogène par an, un volume significatif qui témoigne de l’ambition du projet. Le tracé actuellement proposé se situe à une profondeur comprise entre 50 et 120 mètres, à distance des côtes françaises, afin de limiter les impacts sur les zones littorales et les écosystèmes sensibles.
Dans un souci de transparence et de participation citoyenne, une large concertation publique est organisée. Elle est placée sous l’égide de la Commission nationale du débat public (CNDP), avec l’accompagnement de trois garants indépendants chargés de veiller à la qualité et à l’impartialité des échanges.
Le public est invité à s’informer et à contribuer de plusieurs manières : en présentiel : à travers 25 rencontres organisées sur le littoral méditerranéen, de la frontière espagnole jusqu’à Marseille (réunions publiques, visites commentées, conférences-débats) ; à distance grâce à des webinaires et des réunions retransmises en direct, accessibles notamment via Zoom. Par écrit via une plateforme de participation en ligne ou des registres papier disponibles en mairie. Trois réunions publiques retransmises en simultané en ligne sont notamment programmées : le 6 mai à 18 h, en ouverture, à Gruissan ; le 17 juin, au Canet-en-Roussillon ; le 6 juillet, à Fos-sur-Mer. A noter que le lendemain de la réunion publique d’ouverture à Gruissan, soit le 7 mai, deux tables rondes permettront d’approfondir les enjeux géopolitiques et techniques du projet.
L’ensemble des informations pratiques, documents de présentation et modalités de participation sont accessibles sur le site officiel du projet.